Cyberpunk 2077 fait certes très envie –mais à quel prix? | CD Projekt Red via IGDB
Cyberpunk 2077 fait certes très envie –mais à quel prix? | CD Projekt Red via IGDB

Nouveau retard pour «Cyberpunk 2077», nouvel enfer pour ses équipes

Le «crunch» chez CD Projekt Red est infernal.

Ultra attendu par la grande communauté des gamers, titre capital pour accompagner la naissance des consoles de nouvelle génération, Cyberpunk 2077 a une nouvelle fois été repoussé d'une vingtaine de jours par son éditeur polonais, CD Projekt Red.

Désormais prévu pour une sortie le 10 décembre, officiellement passé gold donc a priori terminé, le jeu essuie ainsi son troisième report. Et une pression démentielle est placée sur les épaules de ses équipes de développement.

En mai 2019, Marcin Iwińskis et Adam Badowski, patrons d'un studio fameux pour les cadences infernales (le crunch) qu'il impose à ses équipes avant la parution d'un jeu, promettaient pourtant publiquement de prendre soin, cette fois, de la santé mentale comme physique de leurs salarié·es.

Promesses en l'air et vœux pieux. En septembre 2020, le journaliste Jason Schreier, dont l'enquête sur le crunch dévastateur subi par les équipes de Rockstar avant la parution de Red Dead Redemption 2 a marqué l'industrie, annonçait dans Bloomberg que le studio s'était largement dédit.

Une semaine de travail de six jours était alors imposée aux équipes quand, un an et demi auparavant, Iwińskis et Badowski juraient que les heures supplémentaires ne s'effectueraient que sur la base du volontariat.

Des pains et un jeu

Ce qui transpirait en septembre semble aujourd'hui bien pire encore. La logique immédiate pourrait laisser penser qu'un délai supplémentaire est une chance pour un studio d'alléger la charge de travail de ses équipes, déjà exsangues par des mois d'un labeur exténuant. Il n'en est pourtant rien.

Le fait que le jeu soit passé gold ne signifie pas qu'il est désormais une œuvre figée, bien au contraire. Pistolet patronal et bazooka de fans sans pitié sur la tempe, développeurs et développeuses turbinent désormais sans relâche sur la chasse aux bugs, pour la préparation d'un correctif à paraître en même temps que le jeu.

Généralement très bien informé, Jason Schreier évoque des semaines de 100 heures au sein des équipes de CD Projekt Red. Un ancien développeur de l'entreprise polonaise lui a confié avoir rencontré des ex-collègues qui, épuisé·es par une telle charge, donnaient l'impression d'être «physiquement malades».

D'autres langues se délient. S'il est difficile d'attester de la solidité de sa source, un témoignage circule faisant état d'un management au minimum incompétent sinon cruel, ou d'équipes apprenant sur Twitter, en même temps que le reste du monde, les décisions prises par leurs patrons, donc les nouveaux enfers qui s'ouvrent devant elles.

Généralement réservé aux dernière lignes droites, le crunch imposé par CD Projekt Red est un mal endémique à l'entreprise, imposé par une gestion pour le moins chaotique du processus de création.

«Beaucoup de gens s'excitent à propos du crunch, peut-on lire. Mais vous devez savoir que des gens font des journées de seize heures et passent leurs week-ends dans les studios depuis juin 2019, et depuis une année de plus pour certains départements.» C'est le prix du divertissement; il semble parfois bien élevé.

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