Les salles de réunion ne sont que l'un des équipements payants de l'entreprise. | Campain Creators / Unsplash
Les salles de réunion ne sont que l'un des équipements payants de l'entreprise. | Campain Creators / Unsplash

Disco, l'entreprise où le personnel doit louer ses salles de réunion

La firme japonaise pousse ses salarié·es à se comporter comme des mini-entreprises.

Disco corporation est une entreprise japonaise spécialisée dans la construction de disqueuses diamant et de dispositifs à semi-conducteurs. Elle compte environ 5.000 personnes salariées, réparties dans ses usines et ses bureaux. Lorsque le personnel veut utiliser une salle de réunion, il leur en coûte 100 dollars (environ 88 euros) de l’heure.

Mini-entreprises

Le but visé par la direction est de réduire au minimum les réunions et de supprimer celles qui ne sont pas indispensables. L’utilisation des salles n’est pas la seule chose payante dans l’entreprise, loin s’en faut. Un reportage de Bloomberg raconte qu’ordinateurs, bureaux et jusqu'aux emplacements pour parapluies mouillés ont un prix.

Chaque personne travaillant pour Disco agit comme une mini-entreprise. Si vous demandez un service à un collègue, il faut le rémunérer. Les responsables des ventes doivent payer les ouvrièr·es pour fabriquer les produits et les ouvrièr·es doivent payer les ingénieur·es pour les inventer. Les membres du personnel sont ainsi poussés à ne se concentrer que sur des tâches rémunératrices et à se débarrasser de tout ce qui n'est pas indispensable.

Les transactions sont payées en «will», une monnaie interne virtuelle. Lorsqu’une activité génère un profit, elle génère aussi des will pour toutes les personnes impliquées. Chaque trimestre, la balance est convertie en yens.

Jeux vidéo et gladiateurs

Si le concept ne vous semble pas instaurer suffisamment de compétition entre collègues, sachez qu’il existe au sein de Disco un espace appelé «Colisée», au sein duquel deux équipes de l’entreprise peuvent s’affronter.

Elles ont chacune une minute pour proposer un projet avant que tout le monde parie sur le meilleur. La somme misée par les perdant·es va dans la poche des gagnant·es et l’équipe battue peut retourner peaufiner sont projet.

Toshio Naito, qui a conçu le système en 2011, explique à Bloomberg que Kazuma Sekiya, le PDG de Disco, lui a demandé de s’inspirer des systèmes mis en place dans Dragon Quest ou Final Fantasy. Toshio Naito s'est donc inspiré du système de points qui récompense les bons scores dans les jeux vidéo afin de booster la motivation et la compétition.

Pour montrer que son système fonctionne, la direction brandit une marge en progression de dix points de pourcentage (de 16 à 26%) depuis sa mise en place. À ces performances collectives s'ajoutent les salaires du personnel, deux fois supérieurs à la moyenne nationale grâce aux bonus en will.

Comme on peut s’en douter, cette brillante médaille a son revers. Dans un pays où la mort par surmenage constitue un problème de santé publique, les personnes employées par Disco sont sans cesse sous forte pression puisque les bonus ne sont jamais garantis. Une situation qui a déjà causé plusieurs départs d’ingénieur·es incapables de se concentrer sur leur travail.

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