Disney+ arrive: il faudra peut-être prévoir quelques extensions au château de la Belle au bois dormant pour accueillir les millions d'abonné·es qu'espère la plateforme. | Pan Xiaozhen via Unsplash
Disney+ arrive: il faudra peut-être prévoir quelques extensions au château de la Belle au bois dormant pour accueillir les millions d'abonné·es qu'espère la plateforme. | Pan Xiaozhen via Unsplash

Disney+: abonnement à 6,99$, lancement en novembre et grandes ambitions

On en sait plus sur le service de SVOD de Disney, qui risque de tailler de sérieuses croupières à Netflix et Amazon.

Les executives de Netflix, d'Amazon Prime Video ou du tout juste annoncé Apple TV+ ont sans doute attendu le moment avec un peu d'angoisse au ventre. Géant du divertissement s'il en est, plus gargantuesque encore depuis l'absorption récemment bouclée de FOX (donc des méga-franchises X-Men, Avatar, Alien ou La Planète des singes pour n'en citer qu'une riche poignée), Disney a annoncé le 11 avril 2019 quelques très attendus détails sur sa plateforme de SVOD, Disney+.

Un catalogue gargantuesque

Maître glorieux de l'édifice, Bob Iger a dévoilé de nombreuses choses lors de l'Investor Day 2019 de Disney. Disney+ sera lancé aux États-Unis en novembre 2019, avec le prix de l'abonnement fixé à 6,99$ –presque la moitié du coût de l'accès standard à Netflix, fixé à 12,99$, et un peu moins de l'offre non-HD plus basique à 8,99$. «C'est notre première exploration de ce secteur, et nous voulons nous adresser à un maximum de personnes», a indiqué Iger.

Le service devrait s'étendre à l'Europe de l'Ouest et en Asie dans les mois suivant son lancement nord-américain, puis en Europe orientale et en Amérique du Sud dans un second temps, en 2020.

Disney, FOX et ses studios (20th Century Fox, Fox Searchlight...), Lucasfilms, quelques petites séries comme X-Files ou Les Simpson: à lui seul, le catalogue de l'empire est gargantuesque. En données brutes et au lancement, cela donne 7.500 épisodes de séries déjà existantes, vingt-cinq séries exclusives, une cinémathèque de 400 films, une centaine de longs-métrages récents et une dizaine de longs-métrages exclusifs.

Il faudra néanmoins dépenser une fortune –1 milliard de dollars sur l'année fiscale 2020– pour attirer le chaland face aux exclusifs de Netflix, Apple ou Amazon. Des séries tournant autour des personnages de l'univers Marvel, deux autres prenant vie dans l'univers de Star Wars dont The Mandalorian, l'exploitation à plein des inventions de Pixar, des documentaires et beaucoup d'annonces qui restent à venir: les investisseurs voulaient savoir ce que coûtera à Disney l'alimentation de sa plateforme de SVOD en contenus maison réservés. Et ce qu'elle rapportera via les abonnements, en fin de compte et tous comptes faits –sans doute beaucoup d'argent.

Une croissance rapide

L'optimisme semble plutôt de mise et Disney+ est vu comme un réel concurrent pour Netflix et ses 139 millions d'abonné·es à travers le monde. Bloomberg rapporte ainsi que l'analyste Nick Licouris voit un potentiel de croissance énorme pour Disney+, qui pourrait faire un peu plus que grignoter les miettes laissées par Netflix, avec soixante-quinze millions de client·es estimé·es en cinq ans.

Licouris met notamment l'accent sur la force essentielle dont dispose Disney face à Netflix: son catalogue destiné aux enfants est constellé de leurs personnages préférés, ce qui pourrait pousser nombre de foyers à débourser chaque mois quelques petites pièces pour Mickey & cie.

Un brin moins optimiste, mais pas vraiment sombre pour autant, la banque UBS imagine quant à elle cinq millions de personnes souscrire un abonnement dès les douze premiers mois d'existence de la plateforme, un chiffre qui monterait à cinquante millions en cinq ans.

Et Disney? La firme a expliqué aux investisseurs espérer atteindre l'équilibre financier ou le profit d'ici 2024, tablant quant à elle sur soixante à quatre-vingt-dix millions d'abonné·es dans le monde à cette même période, avec un pic de dépenses dédiées à la plateforme de SVOD entre 2020 et 2022.

Reste à voir ce que la Mouse House réussira ou non à faire sur le plan technologique. La firme n'est pas une entreprise de la tech, et l'avance prise en la matière par Netflix et par sa très performante plateforme pourrait être cruciale dans le combat qui va se jouer ces prochaines années –une lutte à laquelle Apple, pas le plus petit des acteurs, se mêlera également avec des armes non négligeables.

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