Adorable petite chose, à laquelle nous demandons tant. | Disney
Adorable petite chose, à laquelle nous demandons tant. | Disney

Baby Yoda et «The Mandalorian» peuvent-il sauver Disney?

Une année faste se termine dans le chaos pour la firme, qui doit très vite rebondir.

«Si vous m'aviez demandé il y a un an: “Quelles sont les chances qu'ils attirent soixante millions d'abonnés en douze mois?”, j'aurais répondu “zéro. Je veux dire, comment un truc pareil peut-il arriver? Ça a été une mise en route très impressionnante de leur part.»

Repris par Bloomberg, ce compliment rare a été émis par Reed Hastings, patron de Netflix. Il ne concerne pas ses équipes mais l'un de ses rivaux les plus menaçants, une firme aux poches profondes qui a déboulé il y a un an sur le marché du streaming vidéo, et ne compte pas y faire de la figuration, Disney+.

Sa première année fut effectivement faste pour la plateforme. Elle s'est préparée en amont, dès 2018, quand l'entreprise signait avec Verizon un accord pour inclure gratuitement sa plateforme dans certaines des offres de l'opérateur.

Un kickstart également négocié dans d'autres pays, dont Canal+ en France, qui a permis à Disney+ de se constituer un confortable matelas d'abonné·es, à qui présenter son clinquant catalogue.

Tous les Disney bien sûr, tous les Marvel, tous les Star Wars aussi, dont l'événementielle et très regardée nouvelle série The Mandalorian: de quoi aussi attirer quelques grosses poignées de souscriptions payantes, le prix de l'offre ayant été calculé au plus bas pour chiper un maximum de clientèle à Netflix.

Techniquement bien armée grâce au rachat de BAMTech pour 2,6 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros), Disney pouvait partir à la conquête des foules, la baïonnette au fusil et les grands appétits clairement affichés.

En février, soit trois mois après son lancement, Disney+ annonçait déjà près de vingt-neuf millions d'abonné·es. Un an après son baptême, c'est sur soixante millions de souscriptions que l'entreprise peut compter.

Loin devant, Netflix approche de la barre des 200 millions. Mais en douze mois, Disney+ a déjà réussi à atteindre la fourchette basse que prévoyaient certains expert·es pour ses cinq ans: impressionnant.

Trompe l'œil

Il y a néanmoins un hic. Il y a même plusieurs hoquets, suffisamment brutaux pour faire branler l'édifice Disney tout entier. L'épatant succès de Disney+, concomitant à une pandémie de Covid-19 très favorable aux divertissements domestiques, est un léger trompe-l'œil. Une part non-négligeable de ces masses attirées vers la plateforme l'ont été mécaniquement, via les accords passés avec les opérateurs.

Dans le cas de Verizon en particulier, l'offre gratuite prendra fin pour une partie de la clientèle le 12 novembre. Disney+ doit donc impérativement trouver un moyen de conserver cette base et de transmuter le gratuit en payant.

En temps normal, elle pourrait compter sur les contenus produits par Disney et ses nombreuses filiales. Mais du fait de la pandémie, de nombreux tournages ont été stoppés ou reportés, et l'épidémie complique sérieusement l'alimentation de la plateforme en nouveautés attirantes.

Les nouveaux films ou séries se font rares sur la plateforme, qui peine à rivaliser en audiences avec Netflix. En outre, un concurrent de taille est arrivé sur le marché américain: Peacock, offre gratuite avec publicité lancée par Comcast. Il grignote les parts de marché à grande vitesse et Disney, lors du troisième trimestre de l'exercice en cours, est brutalement retombé à la cinquième place en termes de nouveaux abonné·es.

Surtout, Disney+ n'est que l'un des éléments de l'activité de Disney. Parcs à thèmes fermés ou à moitié vides, casinos dépeuplés, croisières maritimes: victime de l'hémorragie sans fin du secteur touristique, la firme vit un véritable cauchemar dont elle ne voit pas la fin et qui, malgré des licenciements massifs, lui coûte extrêmement cher.

Les grandes chaînes de cinémas sombrent elles aussi dans le naufrage, forçant la firme à se réorganiser autour du streaming et à précipiter l'arrivée sur sa plateforme de contenus qui auraient amassé de gros milliards dans les salles obscures.

Mais le 30 octobre débarque la très attendue seconde saison de The Mandalorian. The Mandalorian est le contenu original phare de Disney+. C'est la série-aimant, qui attire à elle la vaste armée des fans de Star Wars, l'un des seuls programmes sur lesquels la plateforme peut compter pour continuer à progresser.

Son personnage le plus adorable, Baby Yoda, se voit ainsi chargé d'une mission herculéenne, une lourde tâche pour ses minuscules épaules vertes: tirer Disney de ce très mauvais pas.

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