Un membre des forces armées mexicaines devant un champ illégal de pavot, dans l'état de Guerrero. | Pedro Pardo / AFP
Un membre des forces armées mexicaines devant un champ illégal de pavot, dans l'état de Guerrero. | Pedro Pardo / AFP

Depuis 2017, le prix du pavot mexicain a chuté de 90%

Les ravages de la crise des opioïdes ne s'arrêtent pas à la santé de la population américaine.

C'est un effet secondaire de la stupéfiante crise des opioïdes que traversent les États-Unis, un paradoxe bizarre, un effet papillon se répercutant sur des milliers de cultivateurs et cultivatrices de pavot dans le Mexique voisin.

Le latex que produit le pavot somnifère, papaver somniferum de son nom scientifique, constitue la matière première pour la confection de l'opium, de la morphine ou de l'héroïne.

Comme le relate le New York Times, la demande en opium a fortement baissé depuis un an et demi, entraînant un vertigineux et brutal effondrement de 90% du prix de vente des récoltes mexicaines.

Montée en puissance du fentanyl

«La raison de cette chute soudaine de la demande en opium reste matière à spéculation. Mais elle est presque certainement liée à des changements dans la fourniture et la demande de drogues illégales aux États-Unis», avance le journaliste Kirk Semple, citant spécialistes et officiels des deux côtés de la frontière.

Le suspect numéro un dans la responsabilité de ces bouleversements serait le fentanyl, un analgésique opioïde cent fois plus puissant que la morphine et quarante fois plus que l'héroïne, mais qui contrairement à ces dernières est synthétisé en laboratoire.

La substance aurait rapidement remplacé l'héroïne dans de nombreux endroits aux États-Unis, rendant la culture du pavot obsolète en plus d'être illégale. Un pic de production de la plante en 2017 aurait pu provoquer une offre surabondante et participer à la chute des prix.

Appauvrissement des communautés

Le New York Times relève qu'une livre de pavot pouvait se vendre 590 dollars (525 euros environ) lors du pic de production en 2017, mais qu'elle s'échange aujourd'hui sur le marché contre seulement 50 dollars –de quoi dévaster le quotidien des communautés agricoles de La Montaña, dans le sud-ouest du Mexique.

«La culture du pavot permettait à ces gens d'envoyer leurs enfants à l'école, d'acheter des vêtements, de faire de petits extras», souligne Abel Barrera, patron de l'ONG Tlachinollan, citant comme exemple l'ajout d'œufs ou de viande aux menus plus d'une fois par semaine.

Ce qui était il y a dix-huit mois encore un moyen de subsistance vital n'est désormais plus qu'une ruine, poussant les paysan·nes touché·es vers d'autres cultures plus légales mais moins rémunératrices et provoquant une migration forcée vers les États-Unis, l'endroit précis où la crise semble trouver son origine et celui où ils devront affronter d'autres terribles défis.

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