En ces temps de crise exceptionnelle, la logique commerciale s'inverse. | Hip Somodevilla / Getty Images North America / AFP
En ces temps de crise exceptionnelle, la logique commerciale s'inverse. | Hip Somodevilla / Getty Images North America / AFP

Amazon aimerait que vous limitiez vos achats

La plateforme se transforme pour ne plus pousser sa clientèle à une surconsommation devenue ingérable.

Amazon espère que vous consommiez moins. L'objectif est tellement contre-intuitif par rapport aux techniques de vente agressives de la plateforme américaine qu'il est difficile d'y croire.

Pourtant, pas de doute: les pages du site sont plus épurées et des widgets ont disparu, constate le Wall Street Journal. Par exemple, en dessous du produit que vous consultez n'apparaît plus la liste horizontale pointant vers ce que les autres personnes «intéressées par cet article» ont mis dans leur panier.

L'entreprise a également annulé les traditionnelles promotions des fêtes des mères et des pères, et le Prime Day, son jackpot annuel généralement organisé en juillet, a été repoussé à une date pour l'instant inconnue.

Quant aux coupons (qui promettent une réduction à partir d'un certain montant d'achat), Amazon est en train de doucement les éliminer.

Le 16 avril, Jeff Bezos écrivait dans une lettre à ses actionnaires qu'à «l'inverse d'une hausse des commandes prévisible en période de vacances, ce pic [lié au Covid-19] s'est produit sans avertissement ou presque, créant des challenges majeurs pour nos fournisseurs et notre réseau de livraison.»

Du fait de la hausse du nombre de commandes, Amazon a dû recruter en urgence 175.000 employé·es depuis le début du confinement. En l'espace de deux semaines, entre le début et la mi-mars, celles-ci ont bondi de 16%.

À cela s'ajoute les absences des salarié·es en arrêt maladie, ainsi que les diverses polémiques autour du manque de protection offert au personnel encore en poste: très vite, les bras ont commencé à manquer dans les entrepôts.

«Décisions insensées»

La situation est telle qu'Amazon est contrainte de prendre des décisions que des spécialistes des marchés qualifient d'«insensées» auprès du New York Times –bien que probablement nécessaires en ces temps de crise.

Le géant du e-commerce a par exemple annoncé qu'il allait couper de nombreux programmes d'affiliation dès le 21 avril, une décision qui va faire beaucoup de mal aux éditeurs (en réduisant leurs commissions sur les liens Amazon) et déranger Google (Amazon est l'un des plus gros contributeurs de Google Ads).

Une autre mesure prise par la plateforme consiste à rendre certains produits, à l'image du très prisé papier toilette, disponibles pour certain·es internautes mais indisponibles pour d'autres, en fonction de leur profil.

«Nous voulons d'habitude vendre autant que nous le pouvons, reconnaît dans le Wall Street Journal un salarié d'Amazon travaillant à l'adaptation de l'entreprise à la crise sanitaire. Mais notre réseau tout entier est tellement saturé en ce moment que nous ne sommes pas en capacité de servir d'autres demandes que celles de gel hydroalcoolique et de papier toilette.»

En ce moment

Greenlight veut transformer les enfants en traders

Biz

Greenlight veut transformer les enfants en traders

«Mamaaan, Kevin a encore provoqué un crash!»

Le plus gros avion amphibie du monde, un atout maître pour l'armée chinoise

Et Cætera

Le plus gros avion amphibie du monde, un atout maître pour l'armée chinoise

L'AG600 pourrait aider la République populaire à affermir sa mainmise sur la mer de Chine méridionale.

Les dix principaux gestionnaires d'actifs alimentent la volatilité des marchés

Biz

Les dix principaux gestionnaires d'actifs alimentent la volatilité des marchés

De BlackRock à Vanguard, les grands investisseurs institutionnels ont le pouvoir de faire trembler la finance.