Une récente décision de l'Union postale universelle a changé la donne pour la plateforme de e-commerce. | Shunya Koide via Unsplash
Une récente décision de l'Union postale universelle a changé la donne pour la plateforme de e-commerce. | Shunya Koide via Unsplash

Wish peut-elle survivre à une augmentation des frais de port?

Jusqu'ici, l'app de vente de produits bas de gamme dépendait de services postaux largement subventionnés.

Créée en 2011, Wish met en relation sa clientèle avec des vendeurs d'articles très peu chers, quasiment tous fabriqués en Chine. Ces produits sont réputés pour être de mauvaise qualité, souvent des contrefaçons, parfois dangereux.

Pour les millions d'Américain·es ayant récemment perdu leur travail, tout dollar économisé est bon à prendre, aussi la plateforme a-t-elle fait partie des entreprises à avoir profité du confinement.

Selon Forbes, Wish compte 80 millions d'utilisateurs actifs par mois. Elle était l'app de e-commerce la plus téléchargée dans le monde en 2019 et vend chaque jour trois millions d'articles, dont le tiers aux États-Unis.

Le succès de Wish repose notamment sur des services postaux lourdement subventionnés. Du fait des règles tarifaires édictées par l'Union postale universelle (UPU, rattachée à l'ONU) pour aider les pays en voie de développement, acheminer un petit colis entre la Chine et les États-Unis a longtemps coûté moins cher que de déplacer un paquet au sein du territoire américain.

Autrement dit, un vendeur chinois pouvait proposer un produit identique à celui d'un vendeur américain, mais pour moins cher. Tout a changé le 1er juillet dernier: sous la menace d'un retrait des États-Unis, l'UPU a changé ses règles et les commerces chinois ne bénéficient plus de cette subvention.

«Uber du stockage»

Cette décision pourrait constituer une menace existentielle pour Wish. Pour ne pas péricliter, l'entreprise va devoir se doter d'un système logistique efficace.

Elle pourrait imiter Amazon ou Walmart et investir dans d'immenses entrepôts, qui permettent d'acheter en gros et de faire des économies sur le coût individuel de livraison. Mais cette stratégie est coûteuse, et elle forcerait Wish à s'occuper elle-même d'une partie de l'envoi des colis: difficile alors de maintenir les prix au plus bas niveau.

À la place, Wish tente de modifier en profondeur son business model pour devenir un «Uber du stockage». Début 2019, la plateforme a commencé à s'associer à des magasins préexistants afin de s'en servir comme d'espace pour stocker ses produits. Elle dispose désormais de 36.000 partenaires.

Ces boutiques gardent la marchandise et espèrent que les client·es venu·es chercher leur colis Wish acheteront quelque chose chez elles. Pour chaque commande récupérée, les commerces touchent de surcroît 50 cents, et 4 dollars s'ils prennent en charge une livraison à domicile.

Difficile de savoir si les magasins partenaires y trouveront leur compte, s'ils seront assez efficaces ou si la clientèle acceptera de se déplacer tout en payant le même prix. C'est pourtant l'unique solution trouvée par Wish pour espérer survivre.

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