Le secret de la subsistance? La générosité, la flexibilité et la collaboration. | William Thomas Cain / Getty Images North America / AFP
Le secret de la subsistance? La générosité, la flexibilité et la collaboration. | William Thomas Cain / Getty Images North America / AFP

Ce que le capitalisme peut apprendre des Amish

Malgré les crises, ces communautés centenaires survivent en s'adaptant et en collaborant.

95% d'aventures entrepreneuriales qui tiennent encore debout après cinq ans d'activité: c'est près du double de la moyenne des start-ups américaines et c'est une réussite enviable et surprenante de la communauté Amish.

Cette solidité survit aux temps de crise. Tarifs douaniers, hausse des loyers, crise agricole américaine généralisée mettent à mal les fermes centenaires de ces familles austères. Le Guardian décrit pourtant, en Pennsylvanie, la manière que les Amish et les Mennonites, bien que se tenant à distance du monde moderne depuis des siècles, ont trouvée pour s'y adapter.

Les Amish exploitent les tendances sociétales et marketing. Le goût de l'authentique, l'appétence pour le bio, l'exigeance des circuits courts et des exploitations de confiance sont ainsi une bénédiction pour certain·es de ces fermièr·es, autrefois spécialistes d'une industrie du lait et de ses dérivés qui aujourd'hui ne rapporte plus rien.

Dans la région de Kutztown, trois hommes ont ainsi transformé leur ferme en un marché ouvert à tout le monde, où les Pennsylvanien·nes peuvent venir acheter des pâtisseries maison, du miel local, des spécialités fromagères typiques ou des fruits et légumes fraîchement cueillis dans les exploitations du coin.

Dieu est-il communiste?

Cette capacité d'adaptation n'explique pas à elle seule la survivance économique des Amish dans un monde qui ne semble pas être conçu pour eux. «Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure», commande l'une de leurs premières règles d'existence: leur système est effectivement loin des standards habituels du libéralisme dominant.

La concurrence? Elle existe de fait, mais ne constitue pas une lutte et n'empêche nullement la collaboration, dans une société où une solidarité forte remplace les systèmes de santé ou de retraite. La propriété intellectuelle et les secrets de fabrication n'ont pas lieu d'être chez les Amish et il n'est pas rare qu'un·e fermièr·e transmette et explique ses techniques à une personne qui serait considérée, dans d'autres économies purement capitalistes, comme une rivale à tenir à distance.

Les Amish ont aussi une vision flexible et généreuse de la finance. Les prêts intra-communautaires sont courants, et vendeurs ou vendeuses peuvent aller jusqu'à adapter leurs prix de vente si leur acheteur ou leur acheteuse, également membre de la communauté, traverse des difficultés financières.

Parce qu'ils n'utilisent pas d'automobiles et circulent en calèches, les Amish ont tout intérêt à disposer, à proximité immédiate, de circuits complets et solides sur lesquels s'appuyer. Lorsque des investissements ont lieu, ils ne se font que pour soutenir une activité ultra-locale dont la communauté dépend.

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