Le stand de l'entreprise chinoise BYD au salon de l’automobile de Shanghai, le 17 avril 2019. | Greg Baker / AFP
Le stand de l'entreprise chinoise BYD au salon de l’automobile de Shanghai, le 17 avril 2019. | Greg Baker / AFP

La Chine lance les «Hunger Games» de la voiture électrique

Pékin va réduire les subventions accordées aux véhicules électriques afin de ne faire survivre que les entreprises les plus solides du secteur.

En mars 2019, la Chine a annoncé qu'elle réduirait prochainement les primes à l'achat d'un véhicule électrique. C'est pourtant sa politique dirigiste en la matière qui lui a permis de devenir le leader mondial du secteur.

  • La Chine a du retard sur l'automobile traditionnelle

Bien que la Chine constitue le plus gros marché de l'automobile à essence au monde, elle n'est jamais réellement parvenue à s'imposer comme un acteur important de l'industrie. La population chinoise –comme le reste de la planète– privilégie les constructeurs allemands, américains ou japonais.

Pour ne rien arranger, depuis le début de l'année 2019, le pays enregistre sa première baisse de croissance dans le secteur depuis plus de vingt ans.

  • Elle s'est donc positionnée sur l'électrique

Pour compenser ce retard industriel, la Chine a décidé de tourner la tête vers une technologie promise à un plus grand avenir: les véhicules électriques. Subventions, quotas de voitures électriques imposés aux constructeurs, obtention de plaque d'immatriculation facilitée: le gouvernement a employé les grands moyens.

Pour asseoir sa domination, le pays s'est aussi imposé sur le marché des matières premières nécessaires à la fabrication des batteries desdits véhicules, en multipliant les ouvertures de mines sur son territoire comme les fusions et acquisitions d'entreprises spécialisées.

Ce pari s'est avéré gagnant: la Chine est désormais la championne incontestée du secteur, loin devant l'Europe et les États-Unis.

  • Pourquoi la Chine arrête cette stratégie

Malgré sa domination, Pékin a décidé de réduire la voilure sur certaines de ses subventions. Les très généreuses primes à l'achat vont être divisées par deux, passant de 50.000 à 25.000 yuans [de 6.500 à 3.250 euros environ] pour un véhicule électrique à autonomie de 400 kilomètres ou plus.

Les conditions d'admission aux primes seront en outre durcies: le minimum d'autonomie nécessaire pour y prétendre passera de 150 à 250 kilomètres. Selon l'AFP, «les autorités régionales et provinciales ont été enjointes de cesser également leurs propres subventions aux véhicules électriques».

Si la Chine sert la ceinture aux constructeurs, c'est qu'elle estime que ces derniers, dopés aux subventions, sont trop dépendants des aides étatiques et qu'ils engrangent des profits sans essayer d'améliorer leurs technologies. La manœuvre du gouvernement entend les forcer à devenir plus concurrentiels.

  • Comment ça peut marcher (ou non)

En coupant les subventions, Pékin prend un gros risque: celui de crever la bulle des voitures électriques. D'après Bloomberg, le pays ne compte rien de moins que 486 constructeurs. Or si le marché intérieur chinois est le plus important au monde dans ce domaine, il n'est pas pour autant considérable.

L'association chinoise des manufactures automobiles estime qu'environ 4% des véhicules à passagers du pays sont électriques. En 2018, cela représentait près d'un million d'unités vendues. Sauf qu'en additionnant les promesses de production de l'ensemble des constructeurs, on arrive à presque quatre millions d'unités.

Dans un communiqué, le ministre des finances chinois dévoile clairement sa stratégie: «L'abaissement des subventions vise à promouvoir le principe de la survie du plus fort.» Le gouvernement espère que ses mesures permettront d'écrémer les nombreuses start-ups du secteur et de faire émerger les plus performantes.

  • Les conséquences pour le reste du monde

Les constructeurs automobiles étrangers savent que même avec ces développements, ils ne font pas le poids face à la Chine. Leur salut se trouve dans la coopération: Renault étudie en ce moment une fusion à 50-50 avec l'Italo-Américain Fiat Chrysler, afin de mieux faire face aux défis technologiques des voitures électriques.

Côté États, la France et l'Allemagne ont enfin lancé leur «Airbus des batteries», un consortium supposé concurrencer la Chine –ou du moins limiter leur dépendance à ses produits– dans le domaine des batteries électriques.

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