Ça ira (peut-être) mieux demain. | Giogio Trovato via Unsplash
Ça ira (peut-être) mieux demain. | Giogio Trovato via Unsplash

Sommes-nous à l'aube d'une «bombe de croissance»?

Un peu d'optimisme ne peut faire de mal.

Plombées par des mois de pandémie, enfoncées en Europe par les reconfinements de la seconde vague, les économies occidentales semblent proches du précipice.

C'est, pour le cas de la France, la vision noire et par ailleurs contestée qu'a déroulée l'économiste David Cayla dans un long thread publié le 8 novembre sur Twitter.

Selon lui, les politiques de soutien et de relance menées par le gouvernement français ne donnent à voir que des résultats en trompe-l'œil –il compare la situation à celle des subprimes aux États-Unis en 2008.

De nombreuses «entreprises zombies» ayant réussi à survivre malgré leur insolvabilité seraient ainsi placées dans une «bulle de faillites à retardement» et, pour l'instant préservés par les mesures de chômage partiel, des centaines de milliers d'emplois supplémentaires seraient menacés de destruction.

Voici pour le verre complètement vide. Mais de l'autre côté du spectre, d'autres analystes voient quant à eux un verre complètement plein, et présentent à quiconque souhaite se rassurer des perspectives beaucoup plus roses.

Allumer le feu

Ainsi de John Paulsen, responsable de la stratégie d'investissement pour la firme américaine Leuthold, et dont Bloomberg rapporte les propos. Sa vision est certes centrée sur l'économie américaine, mais elle peut trouver certains échos de ce côté de l'Atlantique.

Selon lui, point d'abîme à l'horizon mais, au contraire, une «bombe de croissance» dont tous les ingrédients sont prêts et qui n'a besoin que d'un détonateur pour exploser.

Il note que l'économie américaine a rebondi de plus de 33% lors du troisième trimestre 2020, après son redémarrage. Ce n'est certes pas suffisant pour retrouver les niveaux pré-pandémie, mais c'est un record depuis 1948 et une preuve notable de résilience.

D'après Paulsen, le meilleur reste à venir. Car l'économie américaine est assise sur un véritable trésor, similaire à celui que Bruno Le Maire exhorte les Français·es à dépenser: l'épargne des ménages.

«Plus de 2.500 milliards de dollars d'épargne sont le carburant pour une bombe de croissance qui n'attend que d'exploser. Il n'y a plus qu'à allumer la mèche», a-t-il écrit à sa clientèle.

Et quand les économistes sondés par Bloomberg prévoient, aux États-Unis, des taux de croissance de 4% pour le trimestre actuel, puis de 3,7%, 3,5%, 3,3% et 3,2% en 2021, Paulsen est lui bien plus hardi dans ses prévisions, avec des taux annoncés de 7%, 5%, 8%, 5%, et 5%.

Qu'est-ce qui allumera la mèche? Les annonces d'un vaccin et de traitements contre le Covid-19, selon lui, provoqueront l'explosion d'une demande pour l'instant «repoussée, mise en pause, décalée, de la part des ménages comme des entreprises».

Ce retour soudain d'une demande robuste obligera les entreprises à y répondre tout aussi rapidement, les stocks étant au plus bas. Ce retour de l'investissement provoquera un cercle vertueux pour les économies comme pour leurs agents, aux États-Unis et ailleurs. Puisse-t-il dire vrai.

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