Aujourd'hui, même de fervents Brexiters battent publiquement leur coulpe. | Jannes Van den wouwer via Unsplash
Aujourd'hui, même de fervents Brexiters battent publiquement leur coulpe. | Jannes Van den wouwer via Unsplash

Le coût faramineux du Brexit pour le Royaume-Uni

Les sommes envolées sont folles et le retard est immense.

On parle désormais de «Bregret» et de «Bregretters» pour qualifier le sentiment britannique d'avoir fait le mauvais choix en décidant de quitter l'Union européenne (UE) et celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui en subissent les conséquences.

En la matière, les sondages sont éloquents. Les Britanniques, en plein mouvement social majeur, sont désormais une majorité claire à regretter le résultat du référendum de juin 2016 et le chemin parcouru depuis par leur pays. Même de fervents Brexiters battent publiquement leur coulpe.

Important soutien financier, et pas que, de l'ex-Premier ministre Boris Johnson qui a porté la campagne du «oui» au départ, Guy Hands affirme désormais à qui veut l'entendre que le Brexit est «un désastre», que la campagne en sa faveur reposait sur «des mensonges» et que Boris Johnson «a jeté le pays et la NHS [le système de la santé publique du Royaume-Uni, ndlr] sous un bus».

Si l'on sait depuis le D-Day et ceux qui ont suivi que le pas de côté décidé par le Royaume-Uni n'a cessé de provoquer catastrophes, blocages, complications administratives et pénuries, ainsi qu'un exode de la City londonienne, les économistes commencent à avoir une idée plus claire –et chiffrée– de ce qui a été perdu par le pays lorsqu'il a jeté son adhésion à l'UE à la corbeille.

Break Brexit

Trois ans après la réelle mise en œuvre du Brexit, Bloomberg explique ainsi que les économistes Ana Andrade et Dan Hanson ont calculé que la manœuvre avait coûté la bagatelle de 100 milliards de livres sterling (112 milliards d'euros) chaque année au Royaume-Uni.

«Le Royaume-Uni s'est-il lui-même fait du mal en votant pour le départ en 2016? Les preuves continuent jusqu'ici à montrer que c'est le cas», écrivent les deux experts dans une note. «Nous retenons surtout que la rupture avec le marché commun a eu des conséquences sur l'économique britannique plus rapidement que nous, et la plupart des prévisionnistes, ne l'avions anticipé.»

S'ils reconnaissent que le calcul n'est ni simple ni d'une précision absolue, en particulier parce que la pandémie de Covid-19 est aussi passée par là, ils estiment que l'économie britannique a perdu un potentiel de croissance de 4% depuis la sortie de l'Union. L'un des secteurs qui souffrent le plus est l'investissement: du fait des incertitudes pesant sur l'avenir immédiat de l'économie du pays, les entreprises ont ralenti leurs dépenses, qui sont 19% moins élevées que la moyenne des pays du G7 hors Grande-Bretagne.

Les deux économistes notent également que l'économie du pays continue à être fortement ralentie par le manque de main-d'œuvre: selon eux, le pays compterait 370.000 travailleurs européens de moins que s'il était resté membre de l'UE. Un trou béant que l'immigration issue de pays hors-UE n'a pas comblé, et qui met nombre de secteurs et industries sous grande pression.

«Le manque de main-d'œuvre ajoute aux pressions inflationnistes à court terme et réduit les perspectives de croissances dans les prochaines années. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour une économie qui fait désormais face à des perspectives sombres à plus long terme, avec une croissance d'un peu plus de 1%.» Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'économie britannique sera d'ailleurs la seule, au sein des pays les plus développés, à se contracter en 2023, avec une baisse du PIB estimée à 0,6%.

Ana Andrade et Dan Hanson notent en revanche que si les effets du Brexit sur le commerce du pays ont été importants, ils sont moindre que prévu. Selon leurs calculs, il a fortement chuté quand les nouvelles règles sont entrées en vigueur, avant de se remettre assez rapidement.

D'autres font pourtant une autre analyse. Selon le ministère britannique du Commerce international, et ainsi que le rapporte le Guardian, les exportations devraient chuter à 707 milliards de livres en 2023 (près de 800 milliards d'euros), contre 739 milliards de livres en 2022, avant de remonter à 725 milliards de livres d'ici à 2027.

En 2012, le Premier ministre d'alors, David Cameron, promettait à la nation que ses exportations atteindraient les 1.000 milliards de livres sterling en 2020. L'objectif avait été décalé à 2030 par Boris Johnson en 2021. Mais selon les nouvelles prévisions, cette barre symbolique ne pourrait être passée, au mieux, qu'en 2035. En la matière, le pays a donc pris quinze ans de retard sur les promesses de ses politiques, et le Brexit n'y est sans doute pas pour rien.

En ce moment

🔫Choisir entre TikTok et les munitions ☠️Une unité russe annihilée huit fois 🫧Les pieds nickelés américains en Ukraine: l'hebdo de korii.

Et Cætera

🔫Choisir entre TikTok et les munitions ☠️Une unité russe annihilée huit fois 🫧Les pieds nickelés américains en Ukraine: l'hebdo de korii.

Dix (courts) articles pour chasser l'ennui de votre dimanche et prendre de l'avance sur le monde.

🎮La géniale Steam Deck de Valve 🃏52 cartes pour sauver des vies en Ukraine 💎De délirantes locations d'ultra-luxe, hier sur korii.

Et Cætera

🎮La géniale Steam Deck de Valve 🃏52 cartes pour sauver des vies en Ukraine 💎De délirantes locations d'ultra-luxe, hier sur korii.

Quatre articles pour prendre de l'avance sur le monde.

Des locations de luxe sans engagement, ni préavis, ni limite: bienvenue chez les ultra-riches

Biz

Des locations de luxe sans engagement, ni préavis, ni limite: bienvenue chez les ultra-riches

Quand on a de l'argent, il n'y a plus d'engagements (ni de décence).