Le nom porté par cette tour de bureaux est une pure coïncidence. | Gautham Krishnan via Unsplash
Le nom porté par cette tour de bureaux est une pure coïncidence. | Gautham Krishnan via Unsplash

L'air de votre bureau vous rend stupide

Enfin une excuse valable à présenter à votre boss.

Sans même parler de la pollution extérieure, responsable selon les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 7 millions de décès prématurés chaque année, les dangers sanitaires liés à la piètre qualité de l'air domestique sont connus depuis longtemps.

Aux crasses de dehors s'ajoutent des dizaines de polluants et toxiques issus de nos produits ménagers ou appareils électroniques: longuement baignés dans ces atmosphères viciées, les corps ne peuvent que trinquer.

Au bureau? C'est pareil. Voire pire: selon une étude publiée par une équipe de recherche de Harvard, rapportée par Fast Company, l'air de votre espace de travail n'est pas seulement mauvais pour votre corps, il l'est aussi pour vos fonctions cognitives, donc votre intelligence.

En clair, cela constitue une excellente excuse à présenter à votre boss pour vos piètres performances trimestrielles: c'est prouvé, l'air de votre bureau vous rend plus stupide (ou moins intelligent, selon votre niveau d'estime personnelle).

Afin de mener à bien l'étude, les scientifiques de Harvard ont recruté des centaines de travailleurs, répartis dans quarante-deux bureaux dans le monde entier et d'un âge moyen de 33 ans. Un petit testeur d'air connecté leur a été confié, capable d'analyser le taux de CO2 ainsi que les particules fines présents dans l'air qu'ils respiraient.

Les cobayes avaient également accès à une application conçue pour l'occasion, et destinée à tester leurs capacités cognitives: en multipliant les tests au cours du temps, les scientifiques ont ainsi pu établir une corrélation entre les résultats de ces tests et l'état de l'air que les personnes respiraient au même moment.

Particules émélentaires

La conclusion la plus surprenante, selon Fast Company, résulte de la conséquence de la présence des particules fines dans l'air ambiant, donc de la pollution intérieure, davantage que des niveaux de CO2: ce sont elles qui semblent avoir eu l'impact le plus significatif sur le niveau d'intelligence des personnes testées, et ce, même lorsque les chiffres témoignaient d'une densité généralement considérée comme inoffensive pour la santé (1.000 ppm).

Ne vous croyez donc pas à l'abri si vous bossez dans un open space flambant neuf: les vieux bâtiments comme les constructions plus récentes semblent être soumises au même phénomène de ralentissement intellectuel lié à la pollution.

«Cette étude ne portait pas sur les bâtiments les plus vétustes. Nous n'avons pas cherché les pires bureaux au monde pour découvrir qu'ils sont mauvais pour votre santé. Il s'agissait de bâtiments que quiconque pourrait a priori considérer comme sains», explique Joseph Allen, professeur à l'École de de santé publique de Harvard.

Il reste donc des progrès à faire, explique le même Allen –et les résultats de l'étude posent également une nouvelle fois question quant à l'état des atmosphères inspirées quotidiennement par les écoliers et étudiants. L'installation de systèmes efficaces de renouvellement et de filtration de l'air dans tous les bâtiments serait un bon début. Cela tombe bien: en temps de pandémie, réfléchir à la qualité de l'air que l'on respire peut non seulement rendre moins idiot, mais également, et peut-être surtout, sauver des vies.

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