Cinq fruits et légumes par jour (si on les trouve). | Patrick HAMILTON / AFP
Cinq fruits et légumes par jour (si on les trouve). | Patrick HAMILTON / AFP

Pour camoufler les pénuries, les supermarchés britanniques utilisent des fruits et légumes en carton

Le Brexit, vrai succès au quotidien, n'est pas l'unique cause de l'entourloupe.

L'embarras des supermarchés britanniques quant aux vastes pénuries qui, depuis quelques semaines, vident les étals n'est plus seulement palpable: il est désormais visible, sinon risible.

Le Guardian rapporte ainsi que certaines de ces échoppes, grandes ou petites, ont décidé de remplacer les fruits et légumes emplissant habituellement leurs rayons par des cartons imprimés, afin de combler (très) artificiellement les trous.

Différents supermarchés de la grande enseigne Tesco par exemple, qui pourtant a publiquement vanté une logistique musclée pour faire face à la crise, ont vu leurs rayons fruits et légumes se remplir comme par magie d'oranges, de raisins, de carottes, ou d'asperges, provoquant quelques commentaire acides et rires très jaunes mais très britanniques sur les réseaux sociaux.

Durables, ces pénuries ne sont pas seulement dûes aux complications provoquées par le Brexit pour les importations, pour l'embauche de main d'œuvre dans les fermes britanniques, de conducteurs et conductrices de poids lourds, pour la pénurie de dioxyde de carbone dédié à l'alimentation ou de carburant pour tout le monde.

Décroissance durable

Selon le Guardian, la pagaille aux frontières a été accentuée par l'approche de la période de Noël et un nouvel accroissement des files d'attente à la douane. Surtout, le quotidien souligne que la pratique n'est pas neuve, et explique que ces fruits et légumes en carton résultent en parallèle d'une autre cause, plus structurelle celle-ci: les supermarchés britanniques sont trop grands.

«C'est devenu quelque chose d'assez commun», déclare au journal l'expert Bryan Roberts. «Pas seulement du fait des pénuries, mais parce que beaucoup des magasins les plus grands sont désormais tout simplement trop vastes.»

L'arrivée des hard discounters comme Aldi ou Lidl a ainsi forcé certains d'entre eux à baisser le nombre de références et produits proposés à leur clientèle, afin de faire baisser les coûts et de rester compétitifs. Le Guardian détaille ainsi qu'une grosse franchise comme Tesco pouvait afficher jusqu'à 40.000 références, quand un supermarché discount se contente de 3.000 produits différents.

La disette provoquée par le duo infernal Brexit et pandémie n'a fait qu'amplifier le phénomène. La Grande-Bretagne serait-elle en train d'expérimenter, à son corps défendant, une première forme de décroissance?

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