Dans les marchés chinois, les consommateurs et consommatrices ne voient pas la vie en rose. | STR / AFP
Dans les marchés chinois, les consommateurs et consommatrices ne voient pas la vie en rose. | STR / AFP

Et si la crise porcine avait la peau de Xi Jinping?

En Chine, le cochon est sur toutes les tables: une hausse de 50% de son prix en août met le gouvernement dans une position très délicate.

Les nuits de Xi Jinping sont sans doute, depuis quelques mois, très intranquilles. Protestations massives à Hong Kong, bras de fer commercial avec les États-Unis de Donald Trump, économie très mollassonne: Xi Dada (tonton Xi) a quelques légers soucis à régler.

Certains sont plus discrets, car internes à la Chine. Ils n'en ont pas pour autant un potentiel de déstabilisation moindre –bien au contraire. Dans le cadre d'un reportage dans la ceinture industrielle du sud pays, Bloomberg rapporte ainsi que nombre de Chinois·es, à la veille du 70e anniversaire du régime communiste, n'ont pas vraiment l'esprit à la célébration.

Et si le régime actuel, à la tête de la seconde puissance économique mondiale, semble solide et indéboulonnable, il n'est pas à l'abri d'une crise populaire massive, qui pourrait sérieusement remettre en cause son leadership autoritaire.

Sperme européen et réserves stratégiques

Cette crise pourrait venir du porc. L'animal est central dans la culture gastronomique chinoise. Il est sur toutes les tables, de tous les repas, il est la source principale de protéines des habitant·es du pays. Mais les choses vont mal.

Une vague de grippe porcine africaine décime les élevages chinois. Selon Rabobank, repris par le Guardian, entre 20 et 70% du cheptel du pays auraient ainsi été touchés: cela représenterait 375 millions de têtes, soit un quart du total mondial.

Bien sûr, les prix flambent. Une hausse de 50% a été relevée en août 2019 par rapport au même mois de l'année précédente. Bloomberg explique que la hausse devrait se poursuivre dans les mois qui viennent, et ce jusqu'à l'année prochaine au minimum.

Cette inflation terrible d'un produit si courant fait des mécontents. Le gouvernement essaie de juguler la crise comme il le peut. Des mesures de rationnement sont mises en place, les réserves porcines stratégiques du pays sont sorties des congélateurs, il est fait appel à des banques de sperme européennes pour accélérer le repeuplement des élevages.

Mais Hu Chunhua, vice-Premier ministre du pays, l'a admis lors d'un récent discours: importer l'intégralité du porc vendu dans le monde ne suffirait pas à combler un déficit qu'il chiffrait, de manière sans doute optimiste, à 10 millions de tonnes. Et cette hausse des prix fait souffrir la Chine d'en bas, mise à mal par l'essoufflement de l'économie et le remodelage, guerre sino-américaine oblige, d'une partie de l'appareil industriel national.

Pékin contrôle étroitement la couverture médiatique faite, à l'intérieur de ses frontières, des événements hongkongais. Les allées et venues sont scrutées avec attention, l'information est censurée, fabriquée par le pouvoir central.

Sa crainte est simple: que les protestations dans l'ex-colonie britannique ne finissent, par capillarité et contagion, par donner quelques idées remuantes aux Chinois·es les plus en difficulté.

«Xi fait face à de multiples problèmes domestiques et internationaux», a expliqué à Bloomberg Dennis Wilder, ancien du Conseil de sécurité nationale américain. «Chacun de ces problèmes pourrait devenir une véritable crise», poursuit-il, mentionnant l'obligation pour le président chinois de faire profil bas à l'approche des célébrations.

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