Qui m'a piqué mes chips? | Nathália Rosa via Unsplash
Qui m'a piqué mes chips? | Nathália Rosa via Unsplash

Mêmes paquets, moins de contenu: la «shrinkflation» entourloupe les consommateurs

Comment camoufler la hausse d'un prix? En trichant un peu.

La «shrinkflation», contraction du mot anglais shrink (rétrécir) et d'inflation: c'est ainsi qu'est surnommée la pratique, courante mais résurgente, adoptée par certaines grandes marques pour tenter de camoufler la hausse générale des prix auprès de leur clientèle —ou du moins de mieux faire avaler la pilule.

Reprise par Yahoo!, l'AFP raconte ainsi comment le spécialiste américain de la défense des consommateurs Edgar Dworsky traque ces petites tricheries du quotidien qui consistent à vendre, au même prix, les mêmes contenants mais avec moins de contenu.

Davantage d'air dans votre paquet de chips ou de céréales, un peu moins de croquettes pour votre chat dans une boîte pourtant similaire, quelques feuilles de papier toilette en moins dans un rouleau vendu au même prix...

Comme les près de 15.000 quidams échangeant leurs déceptions et grognes sur le subreddit r/shinkflation, Dworsky traque dans les supermarchés américains les manifestations de cette shrinkflation, que les producteurs nomment de manière plus technique et nébuleuse «price pack architecture». Des pratiques qui, dans un contexte de pénuries globales, d'étranglement des chaînes logistiques et de manque de main-d'œuvre, semblent se multiplier.

Onze à la douzaine

Interrogé par Thomas Urbain de l'AFP, le professeur de marketing à la Sorbonne Pierre Chandon explique que «la plupart des consommateurs ont l'idée fausse que les quantités sont standardisées, régulées», et que «parce que nous pensons que le poids est fixe, nous n'y prêtons guère attention»: quelques grammes en moins seront une pilule beaucoup moins amère à avaler que quelques centimes d'euros en plus à payer.

Pas d'appel au boycott ou à la révolution dans les allées des hypermarchés pourtant sur Reddit, poursuit l'AFP: les consommateurs ont fini par s'habituer à ces vieilles tactiques. «Peut-être avons-nous appris que ces choses sont normales et que si nous nous faisons avoir, c'est que nous sommes de mauvais acheteurs», théorise Pierre Chandon.

Le Français note en outre que dans le domaine alimentaire, cette réduction forcée des portions pourrait avoir in fine des effets bénéfiques sur la santé publique –plus il y a de chips, plus on a tendance à en manger.

Son confrère Anand Krishnamoorthy, de l'Université de Floride centrale, note quant à lui que si les marques savent se faire plus radines dans l'urgence, la shrinkflation est rarement réversible. Une fois les difficultés passées, rien ne les pousse à revenir aux quantités précédentes: ce sont alors leurs profits qui gonflent à nouveau.

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