Les entreprises, ayant augmenté les dividendes toute l'année, se trouvèrent fort dépourvues quand la crise fut venue. | Ben Rosett via Unsplash

Les entreprises, ayant augmenté les dividendes toute l'année, se trouvèrent fort dépourvues quand la crise fut venue. | Ben Rosett via Unsplash

Dividendes et rachats d'actions vont forcer les entreprises à licencier

Celles qui ont dépensé ainsi leurs bénéfices n'ont plus assez de liquidités pour affronter la crise.

C'est un conseil de finance universel, qui vaut pour les ménages comme pour les entreprises: mieux vaut toujours avoir suffisamment d'argent de côté pour pouvoir tenir en cas d'événement inattendu.

En matière de surprise, le coronavirus a fait fort. Impossible à prévoir avant son apparition puis sa propagation en Chine en janvier, il a depuis considérablement perturbé l'économie mondiale.

Manque de chance, la tendance au sein des multinationales, ces dernières années, n'a pas été aux économies. Elles ont plutôt choisi d'utiliser leurs liquidités pour racheter leurs propres actions –un processus qui permet de faire grimper le cours de son titre, donc les dividendes versés aux actionnaires.

CNBC prend l'exemple de McDonald's. La célèbre enseigne de fast-food a gagné 21,1 milliards de dollars [19,3 milliards d'euros] en 2019, et a généré un cash-flow disponible de 5,7 milliards. À première vue, assez pour voir venir.

Seulement, l'entreprise a dépensé une grande partie de ce matelas en rachat d'actions et en dividendes. À tel point qu'il ne lui restait plus début 2020 que 898,5 millions en cash, soit l'équivalent d'un peu plus de deux semaines de ventes. L'argent qui dort est inutile, jusqu'à ce qu'il devienne indispensable.

Le secteur aérien en mauvaise posture

Les compagnies aériennes, championnes de la pratique du rachat d'actions, ont été particulièrement touchées par la crise. Selon Bloomberg, les compagnies américaines ont dépensé, lors des dix dernières années, 96% de leur cash-flow disponible pour racheter leurs propres actions.

Ces entreprises, qui emploient environ 750.000 personnes, tentent désormais de réduire leurs effectifs en poussant leurs employé·es vers des congés sans solde, et supplient l'État de monter un plan de sauvetage.

Un tel plan pourrait bien leur interdire de persister dans leur frénésie de rachat d'actions. En effet, des responsables Démocrates comme Républicain·es ont déjà annoncé leur refus de signer des chèques en blanc sans garantie de bonne conduite.

Les huit plus grandes banques américaines ont annoncé conjointement le 16 mars qu'elles mettaient en pause leur politique de rachat d'actions. Elles ont toutefois précisé qu'elles «conservaient la possibilité de réinstaurer ces rachats d'actions dès que les circonstances le permettront». Les leçons ont décidément du mal à passer.

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