Vue aérienne de la Défense, le 23 avril 2020. | Thomas Coex / AFP
Vue aérienne de la Défense, le 23 avril 2020. | Thomas Coex / AFP

Trop lourds, les sièges des grands groupes dégraissent à tout-va

Le Covid-19 a mis en lumière la boursouflure bureaucratique des grandes entreprises françaises.

L'épidémie de Covid-19 est une catastrophe pour l'économie. Outre les restaurants et petits commerces dits «non essentiels», étouffés par les longues fermetures causées par les confinements successifs, les grands groupes s'apprêtent également à se serrer la ceinture.

D'après l'Opinion, les plans sociaux à venir ne vont pas concerner uniquement les magasins forcés de fermer ou les chaînes de productions mises à l'arrêt, mais aussi les sièges des grandes entreprises et les cadres qui les peuplent. Cela a déjà été annoncé chez Danone notamment, avec un plan concernant 2.000 personnes.

La crise du Covid-19 fait office de révélateur des faiblesses des entreprises et de formidable accélérateur des tendances préexistantes. Parmi celles-ci, le recours grandissant au télétravail et l'augmentation de la place du numérique.

Lourdeur bureaucratique

Interrogé par Murielle Motte dans l'Opinion, Hanna Moukanas, un partenaire de la firme de stratégie Oliver Wyman, explique que les grands groupes souffrent d'une lourdeur bureaucratique qui n'a cessé d'augmenter ces dernières années.

L'analyste détaille que dans les plus grandes firmes, on compte «sept à onze niveaux hiérarchiques entre le terrain et quelqu'un du siège». Quand la brusque arrivée du Covid-19 a forcé ces sociétés à réagir très rapidement, cette lourdeur bureaucratique s'est alors douloureusement fait sentir.

En effet, les multiples crises causées par le Covid modifient profondément et rapidement la conjecture économique et les comportements de la clientèle. L'enjeux pour les entreprises est donc de parvenir à être au plus proche de cet environnement et de disposer de sufisamment de souplesse pour s'adapter à ces changements.

«Tout cela a un impact direct sur les emplois, les compétences et les savoir être, mais également sur le nombre de personnes dont l'organisation aura besoin» explique Pierre de Villeneuve, directeur stratégie chez Deloitte, toujours dans l'Opinion.

C'est pourquoi un certain nombre de groupes, que ce soit dans la grande distribution, l'alimentaire, l'hôtellerie ou l'aviation se réorganisent, au prix de nombreux postes, y compris de direction. Et le mouvement ne semble pas près de s'arrêter.

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