Sacrées esgourdes. | kyle smith via Unsplash
Sacrées esgourdes. | kyle smith via Unsplash

Le bruit coûte 156 milliards d'euros par an à la France

Les nuisances sonores induisent de graves conséquences sanitaires et sociales.

Ah, l'été, les tondeuses à gazon, les enfants du voisin qui hurlent dans la piscine, les grues qui s'activent sur le chantier derrière la maison et les avions qui atterrissent toutes les quinze minutes...

Non seulement ces nuisances sonores sont particulièrement pénibles, mais elles engendrent un coût social exorbitant, selon une étude de l'Ademe publiée le 22 juillet.

«Le bruit représente le second facteur environnemental provoquant le plus de dommages sanitaires en Europe derrière la pollution atmosphérique», avertit l'agence. 20% de la population serait exposée d'une façon ou d'une autre, soit 100 millions de personnes.

Or, le bruit a de lourdes conséquences sur la santé: perturbation du sommeil, maladies cardiovasculaires, diabète, troubles de la santé mentale ou hausse des accidents professionnels.

Il induit aussi des pertes de productivité, des journées de travail perdues et une dépréciation immobilière. Autour de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, la perte de valeur peut aller de 3% à 22% au-dessus de 50 décibels par rapport aux territoires similaires, indique par exemple l'Ademe.

ÇA COÛTE CHER!!!

Au total, 156 milliards d'euros sont perdus chaque année en France en raison du bruit, dont 68,4% attribuables au transport (route, avion, train), 16,9% au bruit de voisinage et 13,5% au bruit en milieu professionnel.

Une estimation fortement revue à la hausse depuis un précédent rapport publié en 2016, qui évaluait le coût du bruit à 57,4 milliards d'euros (mais dont le périmètre était moins large).

Il existe pourtant des règlementations strictes en la matière. Le niveau sonore pour le transport ferroviaire est par exemple limité à 73 décibels pour les lignes classiques et 68 décibels pour les lignes à grande vitesse.

De nombreuses métropoles ont instauré des limitations de vitesse sur les grandes voies urbaines et des normes ont été fixées pour l'isolation acoustique dans les bâtiments.

Mais dans le même temps, l'exposition au bruit de voisinage a tendance à augmenter, alors que les chantiers se multiplient et que de plus de plus de télétravailleurs sont confrontés à la terrasse du restaurant d'à côté ou à la cour d'école en bas de chez eux. Sans compter le bruit persistant du ventilateur l'été...

Attention cependant, il existe aussi un «bon» bruit, qui vient même d'être protégé par la loi: celui de la campagne, de ses coqs qui chantent ou de ses cloches d'église. «Celui qui ne supporte pas le bruit de la campagne n'a qu'à déménager», balaye même le maire d'Inchy-en-Artois, un petit village de 600 habitants entre Arras et Cambrai. Bizarrement, le braiment de l'âne est donc jugé moins dangereux pour la santé que les sonneries de téléphone au bureau.

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