Joe Biden lors du sommet virtuel pour le climat le 22 avril 2021. | Brendan Smialowski / AFP

Joe Biden lors du sommet virtuel pour le climat le 22 avril 2021. | Brendan Smialowski / AFP

Avec ses investissements massifs, Joe Biden enterre les «reaganomics»

Loin de la théorie libérale classique, le nouveau président américain met le paquet sur les classes moyennes.

Comme celle de l'ensemble des candidats démocrates, la plus grande promesse de Joe Biden lors de l'élection présidentielle de novembre 2020 était simple: trancher radicalement avec la politique menée par Donald Trump.

Le résultat ne s'est pas fait attendre: pandémie, écologie, économie, immigration, aussitôt élu, Biden a multiplié les décrets pour détricoter les réformes Trump. Mais pour ce qui est de l'économie et selon plusieurs observateurs, Biden ne tente pas de refermer une période ouverte en 2017, mais celle qui l'a été en 1981, avec l'élection du libéral Ronald Reagan.

Plan de 2.000 milliards afin d'améliorer les infrastructures, projets d'imposition minimale des entreprises au niveau mondial, de hausse de l'impôt sur la fortune, tentative d'augmenter le salaire minimal, plan colossal en faveur des familles et de l'éducation... Biden multiplie les mesures qui, selon la doctrine libérale classique, devraient étrangler l'économie.

Depuis 1981 et malgré deux présidents démocrates, les reaganomics (mot valise de Reagan et economics), qui consistent en une réduction drastique des dépenses publiques et des taxes sur le revenu et les entreprises, ont une influence considérable aux États-Unis. Présenté comme le centriste absolu, il était attendu que Joe Biden suive plus ou moins cette direction.

Majorité divisée

Pourtant, il a sur ce sujet rapidement effectué un glissement «en s'éloignant de l'aile pro-business et pro-baisse des taxes du parti démocrate, représenté entre autre par Lawrence Summers et Robert Rubin, tout deux ministres de l'économie sous Bill Clinton», explique Peter Coy, journaliste économique chez Bloomberg.

Joe Biden n'est pas devenu Bernie Sanders du jour au lendemain. Le concept au cœur de sa doctrine est le «middle-out economics», un terme inventé en 2011 par Nick Hanauer, un riche investisseur de Seattle, qui défend désormais des causes progressistes.

Contrairement aux reaganomics, qui estiment que les entreprises et les plus riches sont les moteurs de l'économie qui créent la valeur donc les emplois, les middle-out estiment que c'est la classe moyenne qui constitue ce moteur.

La doctrine des middle-out economics de Biden –parfois nommée «bidenomics» est une politique de demande. Elle part du principe que plus la population est prospère, plus la demande augmentera, créant un cercle vertueux pour l'économie entière. Celle de Reagan va dans l'autre sens en stimulant les riches et les entreprises (l'offre), afin qu'elles fournissent plus de capital et d'emplois à reverser dans l'économie.

Malgré une majorité au parlement, Biden devra faire face à une opposition farouche de la part d'une scène politique largement acquise au libéralisme. Mitch McConnel a ainsi estimé que le plan d'investissement dans les infrastructures était «un cheval de Troie pour des hausses d'impôts massives et autres mesures de gauche tueuses d'emplois».

Même au sein de la majorité, les mesures de Biden sont contestées. La hausse du salaire minimum initiallement inclue dans le plan de relance a été bloquée par le congrès, car elle n'a pas reçu l'approbation de certains démocrates modérés. Enfin, bien que souvent mis en avant par les analystes et opposants des bidenomics, le risque inflationniste est surveillé de près par une nouvelle administration qu'il ne semble aucunement effrayer.

Toutefois, les analyses des 100 premiers jours d'une présidence, bien que traditionelles, se révèlent souvent hasardeuses. Lors de l'élection Barrack Obama, le nouveau président semblait lui aussi trancher avec les reaganomics. Mais en 2013, il fini par voter le American Taxpayer Relief Act, une immense réduction d'impôts. Wait and see, donc.

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