Travailler pour survivre sans espoir de progression, telle est la vie d'un nombre grandissant d'Américain·es. | Christopher Burns via Unsplash
Travailler pour survivre sans espoir de progression, telle est la vie d'un nombre grandissant d'Américain·es. | Christopher Burns via Unsplash

Le plein-emploi américain est une machine à pauvreté

Derrière des statistiques encourageantes se cache parfois une réalité moins reluisante: l'économie des États-Unis en est la preuve.

Donald Trump avait promis des boulots, et le président américain aura sans doute beau jeu de se targuer de solides résultats en la matière quand viendra le temps du bilan et de la réélection.

Alors que les prévisionnistes tablaient sur un ralentissement après une année faste, le Bureau of Labor Statistics (BLS) a annoncé début décembre la création de 266.000 emplois sur le mois précédent.

Outre-Atlantique, le taux de chômage s'établit à un très enviable niveau de 3,5%, le chiffre le plus bas des cinquante dernières années. Apparemment insubmersible, l'économie américaine peut désormais être considérée comme en plein-emploi.

De quoi célébrer une éclatante réussite? Pas si vite. Car dans le même temps, la Brookings Institution publiait une étude très instructive sur la situation réelle de la main-d'œuvre du pays.

Le think tank a calculé que 53 millions des Américain·es de 18 à 64 ans, soit 44% de la population active en emploi, occupaient des postes à très bas salaire. Le revenu horaire médian de ces précaires est de 10,22 dollars [9,2 euros], pour des gains annuels de 18.000 dollars [16.200 euros].

Près d'un quart de ces personnes sont les seules à travailler dans leurs familles, rendues extrêmement vulnérables: «30% des travailleurs à bas salaires (16 millions de personnes) vivent dans des familles dont les revenus s'établissent à moins de 150% du seuil de pauvreté», précisent Martha Ross et Nicole Bateman, autrices de l'étude.

Polarisation du marché du travail

Les données du Bureau of Labor Statistics ne montrent donc qu'une partie de la vérité. Si l'économie américaine crée des jobs, elle produit surtout des travailleurs et travailleuses pauvres. Elle est aussi source de paradoxe: une telle tension sur l'emploi devrait logiquement se traduire par une augmentation des salaires, ce qui n'est pas tout à fait le cas.

Comme le note Axios, le marché du travail est aux États-Unis de plus en plus polarisé –et l'automatisation en cours ou à venir pourrait encore creuser l'écart. L'emploi progresse pour les catégories les plus qualifiées et les mieux rémunérées, en particulier dans les grandes villes des côtes est et ouest du pays, et il se développe également chez les plus pauvres des salarié·es. Mais entre les deux, rien ou pas grand-chose.

La classe moyenne continue de s'effriter et l'échelle sociale semble totalement bloquée pour les personnes qui en occupent les positions les moins enviables, en particulier dans les communautés hispanique et afro-américaine.

L'avènement de la gig economy, l'économie des petits boulots et de l'auto-entreprise, écarte une partie grandissante de la population des bénéfices accompagnant parfois le salariat, notamment en matière de couverture sociale et de stabilité financière.

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