Quatre murs et un toit: l'objet de tous les désirs. | Breno Assis via Unsplash
Quatre murs et un toit: l'objet de tous les désirs. | Breno Assis via Unsplash

À New York, Sydney ou Shenzhen, l'immobilier est devenu fou

La demande est incandescente et les prix explosent: une dangereuse bulle?

La situation n'est certes pas similaire partout dans le monde, avec par exemple un marché parisien en légère baisse pour la première fois depuis des années. Mais il est dans le monde des métropoles ou petites bourgades où les prix de l'immobilier affichent une croissance à deux chiffres, faisant planer le spectre d'une bulle explosive.

Ainsi de New York, du Royaume Uni, de l'Australie ou de grandes villes chinoises notamment, où Bloomberg décrit une frénésie d'achats, une pénurie de biens et un enflement de leur prix jamais vus depuis la grande crise de 2008, avec les risques que de telles guerres des enchères font peser sur l'économie mondiale.

En cause, explique Bloomberg: de l'argent peu cher, avec des prêts qui n'ont jamais été si peu chers, les désirs pandémiques d'espace et d'éloignement des grands centres urbains, la peur de ne pouvoir acheter plus tard, dans d'autres conditions.

Mais pour les jeunes ménages, le primo-accès à la propriété s'en trouve impossible et, pour ceux qui s'endettent tout de même, émerge de nouveau le risque de soudaines hausses de taux et de traites impossibles à rembourser.

Il n'est plus rare de voir passer des annonces comme celles de cette maison présentée comme inhabitable, en banlieue de Sydney, vendue sans salle de bain, sans toilettes ni électricité pour la somme faramineuse de 2,9 millions d'euros –l'agence responsable de la vente avait reçu 30.000 demandes en un mois, d'un peu partout dans le monde.

Bloomberg rapporte également le cas à Barrie, ville-satellite tranquille de Toronto, d'une coquette maisonnette de vacances à une chambre placée sur le marché à un prix déjà fort élevé de 399.000 dollars canadiens, soit 276.000 euros.

Une invasion de visiteurs, une pluie de courriels (75 toutes les 25 minutes, explique la real estate agent Kristin Cripps) et 71 offres plus tard, le cottage trouvait preneur pour 777.777 dollars canadiens, pas un de plus, pas un de moins, soit 531.000 euros.

Une maison à tout prix

Aux États-Unis, le prix de l'immobilier au niveau national a grimpé de 14,6% par rapport à l'année précédente. À Manhattan, le prix moyen des biens placés sur le marché est de 999.000 dollars, et le nombre de ventes a explosé de 150% par rapport à la même période l'an passé.

Bloomberg raconte l'histoire de ce couple de Greenwich, riche bourgade dans le Connecticut qui, de peur de voir lui passer sous le nez une maison proposée à 1,26 millions d'euros, a directement offert une somme plus élevée, en cash. La seule condition a été de pouvoir la visiter au moins une fois avant de signer. Ce qu'ils firent: c'est ainsi que le couple en question s'est retrouvé propriétaire d'une opulente demeure dont il ne savait à peu près rien.

Comme beaucoup de villes petites ou moyennes, Boise dans l'Idaho attire les citadins cherchant un peu d'air et d'espace: le prix des biens y a augmenté de 42% depuis 2020, et des guerres d'enchères y sont désormais chose commune. Y compris avec de drôles de conditions –celle de ne pas emménager une fois l'achat réalisée a par exemple été posée lors d'une vente.

Au Royaume-Uni et en particulier en dehors de Londres, les grandes tensions sur le marché et les records atteints ont offert un boulevard à la pratique du «gazumping», qui permet au vendeur d'accepter une offre plus alléchante tant qu'une transaction n'a pas été formellement réalisée, ce qui peut prendre des mois.

Même la Chine –qui avec toute l'autorité dont elle dispose tente de mettre de l'ordre dans un marché qu'elle ne souhaite pas voir échapper à tout contrôle–, peine à contenir la poussée inflationniste dans certaines grandes villes, où les prix ont augmenté de plus de 10% en un an.

Dans le pays, de nouvelles mesures ont été prises pour lutter contre la pratique des faux divorces, utilisés par les ménages pour posséder plus de propriété qu'elles n'en ont le droit.

À Shenzhen, et pour favoriser les ménages locaux, les agents immobiliers réclament désormais un droit de regard sur le paiement des taxes locales sur de nombreuses années –vingt-trois précisément pour les 2.114 personnes ayant vu leurs dossiers acceptés. Cela n'a pas empêché le marché d'y tutoyer des sommets proches de ceux de la ville la moins abordable du monde, Hong Kong, où les prix continuent d'augmenter.

De copieuses sommes doivent être déposées en amont pour les candidats à l'achat qui, dans un pays où personne n'échappe à l'implacable score du social credit, voient leur historique bancaire décortiqué dans les moindres détails.

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