Quand l'ascenseur émotionnel redescend, ça peut faire mal. | Sharon McCutcheon via Unsplash
Quand l'ascenseur émotionnel redescend, ça peut faire mal. | Sharon McCutcheon via Unsplash

Attention, investir tue

Le seul retour sur investissement dont vous ne voudrez pas.

On peut mourir en avalant une cacahuète de travers, en trébuchant à quelques mètres du sommet de l'Everest ou en oubliant d'ouvrir son parachute. Mais on peut aussi mourir en investissant de l'argent –ou du moins sérieusement raboter son espérance de vie.

«Wealth shock»

Le marché n'est pas stable et ne le sera sans doute jamais. Un chercheur de l'université de Zurich en a étudié les fluctuations entre 1988 et 2011 et a découvert qu'elles pouvaient être à l'origine d'un «wealth shock», soit un choc émotionnel lié à la perte d'une partie du capital investi, qui frapperait surtout les personnes les plus âgées.

Conséquence: plus de risques de mourir plus tôt. «Une perte de 10% du capital investi conduit à une détérioration de 2% à 3% de l'écart-type en matière de santé physique, mentale et de taux de survie», est-il calculé.

L'étude n'a pas estimé les conséquences d'un appauvrissement de plus de 10%, mais il est tentant de conclure à une amplification du wealth shock lorsqu'une plus grosse partie du capital est investie ou qu'une perte plus importante est constatée.

Le statut de retraité·e ne protège en rien du «choc de fortune»: le stress, l'angoisse et la frustration provoquées par la menace de voir chuter son capital investi sont partagées par tout le monde. La santé généralement plus fragile des personnes retraitées en fait toutefois des cibles privilégiées.

Ajoutons à cela la résonnance macabre avec une étude allemande d'août 2018 montrant qu'une perte du capital investi de 1,5% augmenterait le nombre d'accidents de voiture de 0,5%, et nous voilà fin prêt·es à investir pour notre retraite.

Crise de nerfs

En cas de crise économique, nous aurions de quoi nous inquiéter, notamment si l'on se rappelle du krach de 1929 et de ses banquiers en costume trois pièces se jetant par la fenêtre.

Sans aller jusque-là, il existerait effectivement, selon une étude de 2014 de deux chercheurs de l'université de Californie à San Diego, un lien entre la magnitude de la crise et le taux d'hospitalisation, en particulier pour des crises de panique et des dépressions: «Quand le cours de la bourse chute de 25%, le taux d'hospitalisation augmente immédiatement de 5%.»

Ce qui inquiète le plus les scientifiques est l'immédiateté de la réaction. Ils y voient un effet de l'anticipation sur la consommation future affectant le bien-être présent.

Le phénomène est d'autant plus préoccupant que l'économie mondiale a connu en moins d'un siècle trois crises majeures (1929, 1974 et 2008) et que des analystes annoncent déjà le prochain crash.

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