Un panneau publicitaire Apple à Hong Kong, le 10 octobre 2019. | Philip Fong / AFP

Un panneau publicitaire Apple à Hong Kong, le 10 octobre 2019. | Philip Fong / AFP

Non, votre iPhone n'est pas vraiment made in China

Le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de la Chine qu'agite Donald Trump est-il si dramatique qu'il le prétend?

C'est l'argument principal de Donald Trump et de son administration pour motiver leur guerre commerciale contre la Chine. Les États-Unis souffrent d'un déficit commercial colossal envers leur concurent: 420 milliards de dollars [380 milliards d'euros] en 2018 pour ce qui est des biens et 376 si les services sont pris en compte.

Seulement, selon Fred P. Hochberg, l'ancien président de l'Eximbank («Banque d'import-export des États-Unis», une agence fédérale de crédit aux exportations) sous Barack Obama, ce déficit n'est pas aussi pertinent que ce que le président américain voudrait faire croire.

Dans une tribune pour le Wall Street Journal, Hochberg prend comme exemple l'iPhone, un produit qui se vend par dizaines de millions aux États-Unis et intégralement «made in China». Ou du moins classifié comme un export chinois par l'Organisation mondiale du commerce et par les États-Unis.

En effet, la règle pour déterminer la provenance d'un produit –si deux pays ou plus sont impliqués dans sa production– est de prendre en compte l'endroit où a eu lieu «la dernière transformation substantielle». Or, l'assemblage des iPhone se passe en Chine, dans les usines du Taïwanais Foxconn.

Patchwork globalisé

Évidemment, le déficit commercial n'est pas calculé en fonction du prix de vente pour les produits vendus par des entreprises américaines comme Apple, mais des coûts de production. Pour l'iPhone X, ils sont estimés à 370 dollars [334 euros] par appareil.

Multiplié par les dizaines de millions d'iPhone vendus outre-Atlantique chaque année, cela signifie qu'à lui seul, l'appareil d'Apple représente au minimum une dizaine de milliards de dollars du déficit commercial des États-Unis envers la Chine.

Seulement, Hochberg explique que, dans une chaîne logistique complexe et globalisée, les composants d'un iPhone viennent en réalité des quatre coins du monde. Les écrans sont manufacturés par le Coréen Samsung, les métaux proviennent de mines d'Afrique centrale, une partie des puces de stockage du Japon, les gyroscopes du Suisse STMicroelectronics, etc.

D'après l'entreprise d'informations économiques IHS Markit, sur les 237 dollars de coût de fabrication de l'iPhone 7, les composants et le travail fournis par des entreprises chinoises –la fameuse «dernière transformation substantielle»– représentaient en réalité environ 8,46 dollars par unité produite.

C'est une somme considérable quand on la multiplie par le nombre d'iPhone importés. Mais c'est bien en dessous des dizaines de milliards qui pèsent dans le déficit commercial, et c'est un argument politique bien moins efficace en faveur du protectionnisme dans un monde où tout est étroitement intriqué.

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