La valeur de l'or noir dépendra de l'issue des discussions entre les pays de l'OPEP+. | Hassan Ammar / AFP
La valeur de l'or noir dépendra de l'issue des discussions entre les pays de l'OPEP+. | Hassan Ammar / AFP

Et si la guerre à l'OPEP faisait s'effondrer le prix du pétrole?

Votre plein d'essence pourrait bénéficier des tensions actuelles.

Les pays membres de l'OPEP et de sa version élargie l'OPEP+ sont, depuis quelques jours, englués dans des négociations qui n'aboutissent pas. Rompues indéfiniment lundi 5 juillet, les discussions portent sur une augmentation de la production de pétrole pour tenter de contenir son prix.

Mais l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis se sont engagés dans un bras de fer diplomatique dont aucun pays n'est encore sorti vainqueur et qui pourrait faire perdre gros au monde entier. Nombre d'experts craignent une flambée des prix de l'or noir, qui pourrait mettre en péril la reprise économique post-pandémique.

Le prix du baril a déjà dépassé la barre des 77 dollars, provoquant une hausse sensible des prix à la pompe pour les consommateurs, et ce à quelques encablures des vacances estivales.

Parmi beaucoup d'autres, l'ex-secrétaire américain à l'Énergie Dan Brouillette a expliqué à CNBC qu'un baril à 100 dollars, voire beaucoup plus, ne lui semblait pas tenir du fantasme. Brouillette a néanmoins ajouté qu'une issue radicalement inverse ne lui semblait pas tout à fait impossible.

Éclatement

Cet échec à trouver un accord pourrait, selon lui, mener à un «effondrement» du prix du baril. Il n'est pas le seul à envisager cette option: CNBC explore le scénario d'un éclatement de l'OPEP et de l'OPEP+ qui pourrait mener à une guerre de production entre les États membres de l'organisation, donc à une chute mécanique des prix du pétrole.

Car si les Émirats arabes unis revendiquent, du fait de la croissance de leur capacité de production, de pouvoir pomper un peu plus de pétrole, d'autres pays sont dans le même cas. L'Azerbaïdjan, le Koweït, le Kazakhstan et le Nigéria réclament eux aussi depuis longtemps une révision de leur «baseline», la valeur servant à calculer les quantités que chaque nation est autorisée à pomper.

Stratégiste pour ANZ, Daniel Hynes a expliqué à la chaîne que la fragile unité qui prévaut depuis un an et demi à la suite de la guerre des prix menée entre l'Arabie saoudite et la Russie autour d'un accord de maîtrise des niveaux mondiaux de production pourrait aisément voler en éclats.

S'enclencherait alors une nouvelle phase de chacun pour soi dans laquelle certaines nations s'estimant lésées par les termes actuels pourraient, sans aucune coordination, augmenter leur production et réclamer ce qu'elles considèrent être leur dû.

«Il y a un risque de surproduction, en particulier à moyen terme», a expliqué Hynes. S'il n'écarte pas totalement la possibilité d'une nouvelle guerre des prix parmi les pays producteurs d'or noir, il pense néanmoins que ce scénario n'est pas le plus probable. Mais le monde ne nous a-t-il pas habitué, ces dernières années, aux plus impossibles des improbabilités?

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