Les emplois des femmes sont 1,8 fois plus vulnérables à la crise que ceux des hommes, estime un rapport de McKinsey. | Christina @ wocintechchat.com via Unsplah
Les emplois des femmes sont 1,8 fois plus vulnérables à la crise que ceux des hommes, estime un rapport de McKinsey. | Christina @ wocintechchat.com via Unsplah

«Récession rose»: les femmes en première ligne dans la crise économique

Davantage de chômage et une charge de travail décuplée pour celles qui travaillent: une double peine.

Lorsqu'il a vanté le confinement comme une opportunité pour le travail des femmes lors d'une réunion d'investisseurs en juillet, James Anderson ne s'attendait pas à un tel retour de bâton.

«Les entreprises vont pouvoir avoir accès une main-d'œuvre hautement compétente et qualifiée qui reste actuellement à la maison à se tourner les pouces et à s'occuper de sa progéniture», a expliqué le rédacteur en chef de PAM Insight International, une publication dédiée à la gestion de fortune.

«L'idée que les femmes se sont tourné les pouces durant le confinement est hautement risible», a réagi Jenny Tozer, une autre gestionnaire de fortune interrogée par l'éditorialiste Pilita Clark du Financial Times.

La crise est en réalité bien d'avantage une calamité qu'une opportunité pour la gente féminine. En Australie, où l'emploi des femmes a reculé de 5,3% durant les mois de mars et d'avril (contre 3,9% pour les hommes), on parle même de «pink récession» («récession rose»).

Les femmes sont en effet surreprésentées dans les emplois à temps partiel et les secteurs du service les plus durement touchés par le recul de l'activité. Globalement, les emplois des femmes sont 1,8 fois plus vulnérables à la crise que ceux des hommes, estime un rapport de McKinsey. «Les femmes représentent 39% de l'emploi mondial mais comptent pour 54% des pertes d'emploi», détaille le rapport.

Enfer salarié et enfer domestique

Une de raisons principales de cette inégalité criante tient à ce que le partage des tâches à la maison reste loin d'être réparti équitablement. Selon une étude de l'Insee portant sur l'année 2018, parmi les personnes salariées ou anciennement salariées, les femmes qui ont des responsabilités familiales, c'est-à-dire celles qui vivent avec ou s'occupent régulièrement d'un ou plusieurs enfants de moins de 15 ans, sont moins souvent en poste (76%) que celles qui n'en ont pas (84%).

Un constat diamétralement opposé en ce qui concerne les hommes: 91% de ceux qui ont des responsabilités familiales ont un emploi, contre 82% pour les autres. Et cela ne s'est pas arrangé avec le confinement et les enfants restant à la maison. «La fermeture des écoles s'est traduite pour 43% des femmes par plus de quatre heures de tâches domestiques supplémentaires», décrit ainsi une étude de l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT.

Même pour celles qui ont conservé leur activité, le télétravail s'est vite transformé en galère. «Contrairement aux hommes, qui sont parvenus à imposer qu'il ne faut pas les déranger pendant une partie de la journée, les femmes, qui ont la charge des relations au sein de la famille, ne cloisonnent pas. Elles doivent rester disponibles», analyse le sociologue François de Singly dans le journal Le Monde.

Une récente enquête de l'Institut national d'études démographiques (INED) montre que chez les cadres, à peine 29% des femmes disposaient d'une pièce à elles pour travailler durant le confinement contre 47% des hommes.

Bien entendu, les hommes ne sont pas pour autant les grands vainqueurs de la crise. Ne serait-ce que parce leur taux de mortalité au coronavirus est deux fois supérieur à celui des femmes.

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