Le London Metal Exchange a commencé son rituel annuel de renégociation des contrats d'approvisionnement. | omid roshan via Unsplash
Le London Metal Exchange a commencé son rituel annuel de renégociation des contrats d'approvisionnement. | omid roshan via Unsplash

La Russie va-t-elle se faire bannir des marchés mondiaux de métaux?

En réflexion, la décision aurait de lourdes conséquences.

La sanction provoquerait une hausse drastique des coûts de production partout dans le monde, et mettrait Moscou en plus grandes difficultés qu'elle ne l'est déjà: l'administration Biden réfléchit de plus en plus clairement à un blocage des exportations russes d'aluminium, l'un des produits phares de ses capacités industrielles.

Mais les États-Unis ne sont pas les seuls à mener une telle réflexion. Car dans le même temps, le sort des métaux russes est aussi entre les mains de la London Metal Exchange (LME), la société boursière regroupant 80% des échanges mondiaux de métaux non ferreux.

Cette dernière a en effet formellement entamé une discussion avec ses membres sur la possibilité d'arrêter complètement les livraisons de métaux russes. Une décision qui pourrait bouleverser les marchés, selon Bloomberg, notamment ceux non concernés par des sanctions occidentales (aluminium, nickel, cuivre...).

Pour le moment, aucune décision n'a été prise. Mais plusieurs actions ont été envisagées, dont la plus lourde conséquence serait d'empêcher toute nouvelle livraison de métaux russes à la LME dès la publication des résultats de la discussion. Les membres du marché ont trois semaines pour soumettre leur avis. Les répercussions seraient alors importantes pour les producteurs russes tels que Rusal et Nornickel.

Si depuis des mois déjà, la société réfléchit au moyen de gérer la production russe, elle a récemment commencé son rituel annuel de renégociation des contrats d'approvisionnement. L'enjeu est le suivant: certains acheteurs évitant le métal russe, les inquiétudes grandissent quant à un potentiel surplus de marchandise indésirable, qui déréglerait l'indice de prix.

«La LME comprend qu'un nombre croissant de consommateurs expriment une réticence à accepter le métal russe en 2023», peut-on lire dans un compte rendu de discussion publié lundi 10 octobre.

Un pari trop risqué?

Comme les producteurs de métaux vendent généralement directement aux consommateurs, arrêter les livraisons à la LME ne signifierait pas forcément stopper les flux de métaux russes. Mais la possibilité de livrer directement la place boursière de Londres reste, pour les traders, un véritable filet de sécurité, particulièrement quand la demande chute lors des périodes de ralentissement économique. Dans ces scénarios, les métaux qui ne peuvent pas être livrés à la LME se négocient au rabais par rapport aux autres.

Ces dernières décennies, les producteurs russes fournissaient une part importante des métaux négociés à la LME: le nickel russe représentait 65% des stocks, l'aluminium 74% et le cuivre 95%. C'est donc un choix important pour la place boursière, qui pourrait perdre une part importante de ses sources d'approvisionnement. Dans le scénario le plus radical, le bannissement des livraisons russe pourrait être mis en place dès novembre.

Le principal producteur d'aluminium américain, Alcoa, a récemment écrit une lettre à la LME l'invitant à refuser le métal russe dans le but «d'éviter une crise imminente». Le géant de l'aluminium Rusal a immédiatement renchéri par une lettre aux clients indiquant que toute mesure visant à restreindre les livraisons de son métal nuirait à la position de la place boursière, et que l'entreprise n'avait aucune intention de livrer des quantités trop élevées de métal.

Le sujet brûlant sera donc probablement au cœur de la semaine de réunions de la LME, qui doit débuter le 24 octobre.

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