«La quatrième jour, le salarié fit autre chose.» | Adam Thomas via Unsplash
«La quatrième jour, le salarié fit autre chose.» | Adam Thomas via Unsplash

L'étude à montrer à votre patron pour le convaincre d'adopter la semaine de quatre jours

Rien à perdre et beaucoup à gagner.

Vous n'en pouvez plus. C'est la journée de trop. Vous avez vos enfants à amener chez le médecin. Ou votre lave-linge à réparer. Des courses urgentes à faire. Mais vous êtes coincé derrière votre bureau, superglué à votre poste, la tête ailleurs mais le corps au boulot, la productivité à zéro malgré une présente attestée par des collègues aussi exsangues que vous.

Bref: vous rêvez d'une semaine de quatre jours. Ça tombe bien, car nous disposons de l'étude à montrer à votre patron pour le convaincre qu'une telle révolution est non seulement sans douleur pour son entreprise, mais qu'elle peut au contraire lui être bénéfique, y compris sur le plan purement financier, ainsi qu'à l'ensemble de la société.

Comme l'explique Bloomberg, l'organisation néo-zélandaise The 4 Day Week Global a publié fin novembre les premiers résultats d'une étude pilote décrite comme suit. «Le pilote est un test coordonné de six mois de semaines de quatre jours, sans baisse de salaire pour les employés. Le programme est coordonné par 4 Day Week Global, en partenariat avec des chercheurs de l'université de Cambridge et du Boston College, appuyés par des chercheurs dans chaque région.»

«C'est important car le week-end de deux jours ne fonctionne pas pour les gens», explique la chercheuse en cheffe Juliet Schor, du Boston College, à propos de cette révolution proposée de la semaine de quatre jours.

«Dans de nombreux pays, nous avons une semaine de travail qui a été imprimée dans le marbre en 1938, et ce n'est plus compatible avec les modes de vie contemporains», ajoute-t-elle. «Pour le bien-être des personnes disposant d'un emploi, il est critique que nous nous intéressions à la structure d'une semaine de travail.»

Les premiers résultats semblent lui donner raison –et pas qu'un peu. Alors qu'une seconde salve de l'étude est en cours aux États-Unis et au Canada et qu'une troisième vague s'intéressera à des structures sud-africaines et européennes, chaque nouveau pas permettant d'ajuster les données obtenues, les résultats initiaux portent sur des firmes américaines, irlandaises et australiennes.

Un total de 969 salariés ont été suivis sur une période de dix mois, alors qu'ils réduisaient leur semaine de travail de six heures en moyenne, sans baisse de rémunération. Comme le précise Bloomberg, les entreprises étudiées allaient d'une ONG de Dublin au restaurant d'une chaîne dans le sud des États-Unis, en passant par un préparateur de véhicules récréatifs de l'Ohio.

Tout en rose, tout en vert

Et partout, la même joie et la même efficacité: une douzaine d'indicateurs, de la productivité à la fatigue des salariés, étaient tous dans le vert à la fin de la période de test. Mieux, si les données peuvent être délicates à manipuler en période post-Covid, le chiffre d'affaires des entreprises étudiées a grimpé de 8% pendant l'étude, et était supérieur de 38% par rapport à celui de l'année précédente. Climat économique favorable ou pas, la réduction du temps de travail n'a donc aucunement mis les firmes dans le rouge, bien au contraire.

Bloomberg note que la mesure de la productivité peut être compliquée lorsqu'il s'agit de structures œuvrant dans des domaines très distincts, mais les organisations elles-mêmes ont jugé que l'effet de la réduction du temps de travail sans baisse de rémunération avait été positive. Le taux d'absentéisme a quant à lui baissé, passant de 0,6 à 0,4 jours par mois.

Participante à l'une de ces études pilotes, l'entreprise de crowdfunding Kickstarter semble ne pas vouloir revenir à la formule précédente. «Nous avons clairement vu un niveau d'engagement beaucoup plus élevé dans notre personnel –plus élevé que ce que nous avons jamais vu», explique ainsi Jon Leland, qui cite également des recrutements plus faciles, et des salariés moins désireux d'aller voir ailleurs.

«Les bénéfices sont significatifs et dépassent les efforts marginaux nécessaires pour effectuer la transition», note Leland. Il y a néanmoins quelques limites à cette étude, pointe Bloomberg. La première est que les entreprises ayant participé à l'étude ont choisi de le faire, ce qui tend à prouver que leurs dirigeants avaient un a priori plutôt favorable sur le principe. Elles sont en outre de plutôt petite taille, mais d'autres plus grosses pourraient participer à l'étude dans les prochains mois.

Le site note surtout que cette semaine de quatre jours «ou leurs cousins, les congés illimités» peuvent être piégeurs pour les salariés, qui doivent être autorisés et s'autoriser eux-mêmes à couper réellement leur effort lorsqu'ils sont supposés être absents.

Les bienfaits sont allés bien au-delà de l'économie des entreprises. Les salariés ont rapporté moins de stress, d'anxiété et de fatigue, ainsi que 24 minutes d'exercice de plus par semaine, ce qui les rapprochait de la cible conseillée par les instances de santé internationales comme l'OMS.

Cerise sur le gâteau, et non des moindres: l'équipe en charge de l'étude note qu'il est très probable que la réduction du temps de travail soit bénéfique pour l'environnement et les émissions de gaz à effets de serre, notamment grâce à la réduction mécanique des trajets travail-maison (et vice versa), pas forcément remplacée par d'autres voyages de loisirs. Bref: on attend quoi pour essayer?

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