Le PDG d'Uber, Dara Khosrowshahi, lors d'un meeting de l'Economic Club de New York à Manhattan le 4 décembre 2019. | Scott Heins / AFP

Le PDG d'Uber, Dara Khosrowshahi, lors d'un meeting de l'Economic Club de New York à Manhattan le 4 décembre 2019. | Scott Heins / AFP

La comptabilité un peu particulière du PDG de Uber

L’entreprise a affirmé à ses actionnaires qu'elle deviendrait profitable d’ici la fin de l’année. Mais à ses conditions.

Depuis son introduction en bourse l'an dernier, les actions d'Uber se sont échangées quasi exclusivement sous sa valeur initiale, qui s'élevait à 45 dollars (41 euros). Les financiers institutionnels se sont montrés frileux à investir dans une entreprise qui, malgré son succès et sa renommée mondiale, n'est jamais parvenue à être rentable.

Les pertes de l'entreprise sont telles que de nombreux observateurs se sont demandés si le modèle économique de l'entreprise, qui consiste à dépenser sans compter en comptant sur les levées de fonds pour équilibrer ses pertes, pourrait parvenir à dégager un jour le moindre profit.

Pour faire amende honorable, le PDG de Uber, Dara Khosrowshahi, a récemment promis à ses investisseurs que, d'ici à fin 2020, l'entreprise allait enfin gagner de l'argent. Cette annonce optimiste faisait suite aux résultats du quatrième trimestre tombés début février, et qui indiquaient des pertes inférieures aux prévisions.

Entourloupe comptable

À la suite de cette déclaration, les actions de la plateforme de VTC ont bondi de 10%. Seulement, comme souvent avec Uber, cette promesse cache une petite entourloupe. L'entreprise compte bien devenir rentable cette année, mais en se passant des bases comptables habituelles: Khosrowshahi fait certes miroiter des bénéfices, mais ces derniers seront calculés avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.

Cette étape comptable, appelée EBITDA, est l'équivalent aux États-Unis de notre excédent brut d'exploitation. À ceci près qu'il n'est pas normalisé. Les entreprises l'effectuent en fonction de leurs propres critères.

Dans ces conditions, «il est probable qu'ils atteindront leur objectif», estime Phillip Braun, un professeur en finances à la Kellogg School of Management. «Mais je ne pense pas que ce soit significatif. Pour moi, c'est une déclaration vide», ajoute-t-il cependant.

Le problème avec une telle technique de comptabilité est qu'elle a tendance à présenter sous un jour trop radieux les performances réelles des entreprises. Avant le krach boursier de 2001-2002 ayant suivi l'explosion de la «bulle dot com», les entreprises internets avaient ainsi l'habitude d'abuser de ce tour de passe-passe pour gonfler leur revenus et flatter les investisseurs. Jusqu'à ce que la bulle éclate, et que des réalités plus sombres ne s'imposent à toutes.

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