Un colosse aux pieds d'argile? | Pan Xiaozhen via Unsplash

Un colosse aux pieds d'argile? | Pan Xiaozhen via Unsplash

Disney pourra-t-elle surmonter la crise du Covid-19?

On croyait la compagnie indéboulonnable. Ses revenus sont pourtant en chute libre.

Il y a quelques mois seulement, Disney était invincible. Pixar, Marvel, Star Wars, 21st Century Fox, la volonté d'expansion de l'entreprise américaine, qui absorbait petit à petit toutes ses concurrentes, semblait intarissable et son succès inarrêtable.

2020 était censée être l'année qui allait asseoir encore un peu plus son écrasante domination sur l'industrie du divertissement, avec notamment le lancement international de son nouveau service de streaming Disney+, prêt à en découdre avec l'autre mastodonte du secteur, Netflix.

Les profits du géant ont néanmoins chuté de 90% lors du second trimestre de son exercice fiscal (achevé fin mars) par rapport à la même période en 2019. Disney n'a certes pas tous ses œufs dans le même panier et tire ses revenus d'activités diversifiées, mais celles-ci ont en grande majorité été mises à l'arrêt par la crise du Covid-19.

Les tournages sont au point mort, les sorties cinéma reportées sine die, les parcs et hôtels fermés, les bateaux de croisière à quai. Quant aux profitables produits dérivés, les boutiques ne sont pas ouvertes pour les vendre.

La seule bonne nouvelle est le succès de Disney+, qui a bénéficié d'un timing parfait en étant rendu disponible dans de nombreux pays au début de l'épidémie.

Près de la moitié des effectifs suspendus

Alors que l'activité est mise en pause, le gigantisme qui a fait le succès de Disney est désormais l'instrument de sa perte. Quatre paquebots et trois autres en construction, douze parcs à travers le monde, plusieurs studios de cinéma, 300 chaînes de télévision et plus encore plombent ses comptes à hauteur de plusieurs millions de dollars chaque jour.

L'entreprise a déjà suspendu 100.000 employé·es de ses parcs et hôtels, soit près de la moitié des effectifs, afin d'économiser 500 millions de dollars par mois. Les cadres dirigeants ont quant à eux considérablement réduit leurs salaires.

Bob Iger, qui a fait de Disney le géant d'aujourd'hui avant de quitter ses fonctions de PDG en février 2020, est silencieusement retourné aux manettes. Il s'emploierait actuellement à changer de manière permanente le fonctionnement de l'entreprise, en tranchant dans sa masse salariale.

Pour ne rien arranger, Disney ne semble pas pour l'instant disposer de perspectives claires de sortie de crise. Interrogée sur les dates de réouverture des parcs et des studios américains, ainsi que sur le redémarrage de la production cinéma, la direction n'a souhaité communiquer aucune projection.

Le retour temporaire d'Iger pousse également à s'interroger sur l'avenir de son successeur Bob Chapek, les prochaines années s'annonçant pour le moins mouvementées. Après la crise de 2008, la branche parcs et croisières avait particulièrement tardé à se rétablir.

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