Devant la centrale de Fessenheim, en décembre 2019. | Sébastien Bozon / AFP
Devant la centrale de Fessenheim, en décembre 2019. | Sébastien Bozon / AFP

Comment Bruxelles souhaite démembrer EDF

Selon des révélations de Reporterre, la Commission européenne a un plan radical pour l'opérateur français.

Transformer EDF en une simple «holding, sans rôle opérationnel ni contrôle sur ses filiales», ce qui «entraînerait l'impossibilité de maintenir un groupe intégré». Tel est le souhait de la Commission européenne, selon un document de l'Agence des participations de l'État, rendu public par Reporterre le 8 octobre. Un tel projet irait au-delà de la réorganisation d'EDF déjà enclenchée par le projet Hercule.

La France entérine actuellement la réforme de l'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), qui permet aux concurrents d'EDF de lui acheter de l'électricité nucléaire à un tarif régulé. Actuellement à 42 euros/MWh, il pourrait augmenter. Ce changement est un préalable au plan Hercule, qui prévoit déjà la scission d'EDF en plusieurs entités:

«Une société baptisée Bleue pour le nucléaire historique, détenue à 100% par l'État; Bleue serait actionnaire à 100% d'une société Azur, qui récupérerait les barrages hydroélectriques; [...] enfin, une société Verte, détenue à 65% par l'État, dans laquelle seraient logées les énergies renouvelables, la commercialisation, la distribution et les autres activités en concurrence comme Dalkia», détaille Reporterre.

La bourse ou la vie

Pour les opposant·es, ce projet revient à faire peser les activités les plus coûteuses –comme la maintenance des centrales nucléaires– sur les contribuables, tout en ouvrant les services les plus rentables aux investissements privés. Les syndicats, CGT en tête, refusent ce qu'ils considèrent comme les prémices de la privatisation et du démantèlement complet du groupe.

Il est difficile de leur donner tout à fait tort. La France doit actuellement faire valider par Bruxelles son plan de sauvetage d'EDF, endettée à hauteur de 59 milliards d'euros. C'est à cette occasion que la direction générale de la concurrence de la Commission européenne a formulé ses exigences.

En échange de la validation du plan, elle souhaite un démantèlement d'EDF –seule subsisterait une holding chapeautant les filiales– «afin d'éviter que le soutien au nucléaire régulé ne profite d'une quelconque manière aux autres entités du groupe».

Le gouvernement français est hostile à ce projet maximaliste, mais à moins de parvenir à un compromis, il a le choix entre l'accepter et laisser EDF faire faillite.

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