«Allez, salut, hein!» | Christophe Gateau / DPA / AFP
«Allez, salut, hein!» | Christophe Gateau / DPA / AFP

Grand seigneur, Elon Musk propose de payer des impôts (qu'il aurait payés de toute façon)

Ça ne mange pas de pain, surtout sur Twitter.

Grand seigneur, Elon Musk. Le 6 novembre, le serial entrepreneur s'emparait de son canal de communication favori, Twitter, pour s'enquérir de l'avis de ses followers: devait-il, pour ne pas échapper à l'impôt, vendre 10% de ses actions Tesla?

«Grand cas est fait ces derniers temps des plus-values non-réalisées [sur les stock-options] utilisées comme un moyen d'échapper à l'impôt, donc je propose de vendre 10% de mes actions Tesla. Soutenez-vous cette proposition?», demandait-il ainsi.

Avant de préciser, dans le même fil, deux choses: qu'il promet de se tenir à l'avis de la foule, et qu'il n'est payé qu'en stock-options et ne touche aucun salaire ou aucune autre compensation en cash d'aucune sorte de la part de Tesla.

L'homme le plus riche du monde, avec une fortune désormais estimée à près de 320 milliards de dollars (276,5 milliards d'euros) par Forbes, cherchant désespérément un moyen de payer des impôts, en faisant appel à la collectivité pour l'aider dans sa noble tâche?

C'était, bien sûr, trop beau pour être vrai. Et la manœuvre a eu le don d'amuser CNBC qui note qu'il y a (grosse) anguille sous roche: selon le site, Elon Musk n'a de toute façon pas réellement d'autre choix que de vendre quelques-unes de ses actions Tesla dans un avenir proche afin de s'acquitter d'une douloureuse du fisc américain pointant à l'horizon et pouvant lui coûter jusqu'à 15 milliards de dollars (12,9 milliards d'euros).

Coûte que coûte

Cela tient à deux choses. La première est l'allocation, en 2012, d'un joli petit paquet de 22,8 millions de stock-options par Tesla, alors que l'action de la firme culminait à 6,24 dollars. Neuf ans plus tard, le même titre caracole au sommet et vaut désormais plus de 1.220 dollars: le gain, calcule CNBC, est de près de 28 milliards de dollars (24,1 milliards d'euros).

Or, cette option tombe en août 2022, et le fisc américain ne compte pas laisser passer un tel magot sans y toucher: le droit fiscal américain (et californien, car le bonus a été alloué dans l'État de l'Ouest) impose un prélèvement total de plus de 54,1% sur la plus-value effectuée. Soit près de 15 milliards de dollars.

Le second élément noté par CNBC est l'importance des prêts effectués par Musk et adossés à ces stock-options. Tesla notait elle-même dans un récent rapport que le risque d'une baisse du cours de l'action pourrait pousser l'entrepreneur à vendre des actions pour satisfaire à ses obligations bancaires.

«Si le prix de notre action venait à décliner substantiellement, M. Musk pourrait devoir être forcé par une ou plusieurs institutions bancaires de vendre certains de ses titres pour satisfaire à des obligations auxquelles il ne peut satisfaire par aucun autre moyen. Une telle vente pourrait provoquer une baisse supplémentaire du cours», écrivait la firme dans un document remis à la SEC.

Musk l'avait d'ailleurs déjà avoué assez clairement lors de la Code Conference en septembre dernier. «J'ai un paquet d'options qui expirent l'année prochaine, donc... une grande partie sera vendue au quatrième trimestre, sous peine de les perdre», expliquait-il.

Musk pourrait techniquement, note CNBC, augmenter ses emprunts auprès des institutions bancaires, en adossant ces dettes supplémentaires sur ses actions. Lui-même concède que le risque est trop grand: «Les titres ne font pas que monter, ils peuvent aussi baisser», expliquait-il lors du même événement.

Le patron de Tesla paiera donc bien des impôts, mais pas parce qu'il l'a choisi, avec l'assentiment de la foule: tout simplement parce qu'il le doit.

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