Lee Jae-yong, avant son procès pour corruption en octobre 2019. | Jung Yeon-je / AFP
Lee Jae-yong, avant son procès pour corruption en octobre 2019. | Jung Yeon-je / AFP

Empire Samsung: la taxe de succession la plus chère de l'histoire

La collection d'œuvres d'art du clan est au centre de toutes les attentions.

Le 25 octobre 2020, le président de Samsung Electronics Lee Kun-hee s'est éteint à l'âge de 78 ans. Il avait fait du groupe un géant mondial des télécommunications, représentant 23% du PIB de la Corée du Sud.

Le clan familial, à la tête d'une immense fortune estimée à 17,7 milliards d'euros, doit aujourd'hui s'acquitter la taxe de succession la plus élevée de l'histoire: 11.000 milliards de wons, soit 8,15 milliards d'euros.

Comment Lee Jae-yong et ses deux sœurs (l'une des trois filles s'étant suicidée en 2005) vont-ils s'y prendre pour payer cette taxe colossale? La loi coréenne autorise certes un étalement des paiements sur cinq ans, mais les héritiers ont tout de même augmenté le dividende de la société en janvier histoire de se procurer un peu de réserve. Cela ne suffit pourtant pas. Alors les regards se tournent maintenant vers la collection d'œuvres d'art détenue par la famille.

Au cours des dernières décennies, le fondateur de Samsung Lee Byung-chull et ses héritiers ont amassé une collection d'œuvres d'artistes coréens et internationaux, dont une bonne partie est exposée dans un musée privé.

La collection comprendrait plus de 13.000 œuvres, dont des tableaux d'Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Claude Monet ou du peintre coréen Park Soo-keun. Au total, sa valeur serait comprise entre 1,8 et 2,2 milliards d'euros, estime un proche interrogé par Bloomberg.

Bijoux de famille

Les tableaux sud-coréens étant interdits de vente car considérés comme appartenant au patrimoine national, les héritiers devraient se résoudre à vendre une partie de leur collection aux enchères. À moins qu'ils ne soient autorisés à payer leur succession en cédant directement des tableaux à l'État, ce qui n'est pour l'instant pas possible avec la législation actuelle.

Cela pourrait néanmoins changer. «Jusqu'à présent, cette idée n'avait pas beaucoup de soutien car elle était perçue comme un système profitant aux riches», explique Chung Joon-mo, qui codirige le Korea Art Authentication and Appraisal Research Center. «Mais aujourd'hui, on sent de plus en plus qu'il serait dans l'intérêt national de conserver dans le pays des œuvres d'art de cette envergure mondiale.»

Au Royaume-Uni, plus de 75 millions d'euros de biens culturels ont ainsi servi de monnaie d'échange pour le paiement d'impôts durant l'année fiscale 2020, selon un rapport de l'Arts Council England.

Jacob Rothschild, hériter d'une des plus grandes dynasties bancaires du monde, avait ainsi pu économiser 3,2 millions d'euros sur sa facture fiscale en utilisant des œuvres d'art, selon un article de 1990 du magazine Spectator, cité par Bloomberg.

Nul doute en tous cas que le fisc coréen scrutera avec attention le paiement de son dû. En janvier dernier, Lee Jae-yong a été condamné à deux ans et demi de prison dans un vaste scandale de corruption et de détournements de fonds. Il est notamment accusé d'avoir versé des pots-de-vin à l'ex-présidente Park Geun-hye afin de faciliter –justement– sa succession.

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