Ironie du sort et marché de l'énergie. | Venti Views via Unsplash
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Le grand n'importe quoi du «price cap» occidental sur le pétrole russe

Beaucoup de bruit pour rien du tout?

Depuis que le marché mondial du pétrole a réussi à éviter un immense krach boursier en 2020 –notamment grâce à une coopération de plusieurs pays, dont les États-Unis et la Russie–, son équilibre n'a jamais été aussi menacé.

L'embargo sur le pétrole russe par les puissances occidentales devrait entrer en vigueur lundi 5 décembre. Pourtant, selon Bloomberg, rien n'est encore joué: alors que les pays européens sont incapables de se mettre d'accord sur un prix plafond pour le carburant venu de l'Est, le cours de ce dernier est déjà passé en dessous de la valeur envisagée. Les négociations vont donc reprendre lundi.

Les puissances occidentales veulent empêcher les entreprises européennes et britanniques d'assurer les navires transportant du brut russe vers des pays tiers si les bateaux n'acceptent pas le prix qu'elles ont fixé. À ce stade, il est difficile d'évaluer à quel point ces mesures seront perturbatrices, bien qu'elles puissent a priori avoir un effet radical sur le marché.

Il s'agit d'une idée promue à l'origine par le département du Trésor américain, dont le but est de réduire les revenus du Kremlin tout en maintenant les importations de pétrole russe, pour ne pas créer d'inflation. Ce plan a été approuvé par le G7. Problème: la valeur de ce «price cap» fait encore débat.

Ni trop ni trop peu

La semaine dernière, le niveau du plafonnement envisagé se situait entre 65 et 70 dollars le baril (63 à 67 euros). Seulement, certains pays européens tels que la Pologne, la Lituanie ou l'Estonie prônent un prix bien plus sévère, proche de 30 dollars le baril. À noter que le coût de production du baril russe est d'environ 20 dollars.

Par contraste, la Grèce, premier pays détenteur de pétroliers au monde, se dit en faveur d'un prix plus élevé. Selon Helima Croft, stratège employée par la banque d'investissement RBC Capital Market, les discussions montrent qu'il s'agit «beaucoup plus d'un effort de réduction de l'inflation que des revenus russes».

Mais l'ironie de la situation, c'est que le prix de l'Urals, le brut de l'Oural, est déjà tombé à 51,96 dollars le baril au port de Primorsk en mer Baltique, selon Argus Media. Il aurait d'ailleurs diminué de la même manière au port de Novorossiïsk en mer Noire.

Cette valeur est donc passée en dessous du «price cap» envisagé. Si ce dernier reste entre 65 et 70 dollars et que le cours de l'Urals continue de diminuer, il ne devrait pas être difficile pour la Russie et ses clients d'embaucher des pétroliers avec des assurances standard.

Ce n'est pas un quelconque plafonnement qui «punirait» Moscou pour son invasion de l'Ukraine. La Russie profite encore à plein du marché, ses clients ayant un mal à fou à remplacer leurs vieilles dépendances.

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