S'il est chanteur, cet ara peut rapporter près de 4.500 euros à la personne qui le vend. | Jeremy Bishop via Unsplash
S'il est chanteur, cet ara peut rapporter près de 4.500 euros à la personne qui le vend. | Jeremy Bishop via Unsplash

Entre le Venezuela et Trinité-et-Tobago, le trafic d'oiseaux s'envole

Les volatiles qui savent chanter se monnaient à plus de 4.000 euros. Certaines espèces sont menacées d'extinction.

Début juin, quarante-sept oiseaux sauvages sont morts après avoir été jetés d'un bateau près des côtes de Trinité-et-Tobago. Parmi eux, des aras, des caïques et des amazones aourous. L'équipage voulait échapper aux gardes-côtes.

Ces trois hommes, originaires de Cedros (Trinité-et-Tobago), transportaient apparemment une cargaison d'oiseaux sauvages, capturés illégalement au Venezuela pour être vendus sur les deux îles des Caraïbes.

Les animaux venaient probablement du Delta Amacuro. Une partie des populations indigènes de cet État vénézuélien, proche de l'île de Trinité, enfreignent la loi pour s'approprier des espèces protégées afin de les vendre, en partenariat avec des organisations criminelles. Même chose pour le trafic de drogues et la contrebande.

«Les perroquets, en particulier les aras, sont vendus comme animaux de compagnie tandis que les oiseaux chanteurs sont souvent utilisés dans les concours de chant à Trinité-et-Tobago en Guyane et au Suriname. Ces derniers peuvent coûter jusqu'à 4.500 euros», détaille Insight Crime.

Risque d'extinction

La majorité des animaux qui transitent par Trinité-et-Tobago sont ensuite vendus en Colombie, au Brésil ou dans d'autres îles des Caraïbes. Là-bas, ils peuvent être revendus vers d'autres destinations.

En plus du Delta Acamuro, de nombreux bateaux circulent entre le port de Puerto Cabello (dans l'État du Carabobo) et de Trinité-et-Tobago pour transporter des volatiles. D'autres cargaisons sont acheminées par avion.

Si l'effondrement économique de Caracas aggrave le problème, ces pratiques ne datent pas d'hier. Entre 1981 et 2015, environ 641.000 oiseaux sauvages vénézuéliens ont été illégalement capturés et vendus.

«Le trafic combiné à la destruction des habitats a conduit certaines espèces d'oiseaux au bord de l'extinction, y compris le tarin rouge, autrefois commun dans les collines du nord du Venezuela, mais qui est aujourd'hui presque anéanti», conclut Insight Crime.

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