Ça commence à chauffer pour celles et ceux qui louent leurs biens sans suivre les règles locales. | Joël Saget / AFP
Ça commence à chauffer pour celles et ceux qui louent leurs biens sans suivre les règles locales. | Joël Saget / AFP

Des entreprises tracent les adresses Airbnb pour les villes

Des municipalités cherchent à localiser des locations et s'assurer qu'elles sont en accord avec les lois locales.

«L'adresse de votre logement est uniquement communiquée aux voyageurs disposant d'une réservation confirmée», affirme le site de réservation de location Airbnb dans sa FAQ. «Dans les résultats de recherche, nous indiquons simplement un emplacement approximatif de votre logement.»

Cette clause garantit aux personnes mettant leur bien en location sur Airbnb un minimum de sécurité et leur permet de protéger leur vie privée. Mais pour les mairies qui veulent s'assurer que les logements listés sont en règle, Airbnb ne vérifie pas assez la légalité de ses annonces.

Vice a réalisé une enquête sur la «police d'Airbnb», des entreprises de technologie qui traquent les adresses et les vendent ensuite aux autorités concernées. Host Compliance, par exemple, promet d'aider à faire le tri entre les annonces légales et illégales grâce à une solution high-tech spéciale, ses analystes et ses algorithmes.

En réalité, l'entreprise externalise l'identification d'adresses vers des plateformes comme Amazon Mechanical Turk (MTurk), où chaque adresse correctement identifiée est payée entre 2 et 4 dollars [de 1,8 à 3,6 euros] à des travailleurs indépendants.

Pages blanches, Google Maps et flair

Sur l'interface développée par Host Compliance, ses contractuels précaires filtrent des adresses qui pourraient potentiellement être les bonnes grâce à Google Maps, aux Pages blanches ou à tout autre outil de recherche en ligne. Ils déterminent ensuite ce qui est, selon eux, l'adresse exacte du lieu en question, documentant leur enquête avec des captures d'écran et des liens.

«Ces tâches encouragent l'utilisation de n'importe quel outil en ligne pour trouver ces gens», raconte un travailleur anonyme interviewé par Vice. «De la recherche d'image inversée aux registres des logements locaux ou régionaux, aux articles de journaux, à Facebook, tout ce que vous pouvez trouver qui puisse prouver sans l'ombre d'un doute que la maison à telle ou telle adresse est celle qui correspond à un post plus ou moins anonyme sur Airbnb.»

Les villes achètent

Interrogé sur les sommes dérisoires versées aux indépendants, le fondateur de Host Compliance recourt au même argument que celui des entreprises qui emploient des milliers de petites mains pour développer leurs intelligences artificielles.

«L'entreprise permet de bien gagner leur vie à des gens qui n'auraient pas pu prétendre à beaucoup d'autres d'emplois», assure-t-il, mentionnant les zones rurales, des personnes souffrant d'un handicap ou d'autres ne possédant pas de diplôme.

Airbnb est au courant de ces pratiques et les désapprouve fortement. «Il est inquiétant que des sites indépendants et sans contrôle utilisent des tactiques louches pour exhumer les informations privées de notre clientèle et les vendre à des villes», déclare un porte-parole de l'entreprise à Vice, qui précise par ailleurs collaborer avec les institutions concernées pour mieux respecter les règles locales.

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