Les enjeux sont immenses. | Giuseppe Cacace / AFP
Les enjeux sont immenses. | Giuseppe Cacace / AFP

Une nouvelle guerre du pétrole menace le monde

Le futur du marché, de la reprise et de votre plein d'essence se jouent en ce moment même.

La diplomatie du pétrole est généralement un univers feutré, dans lequel les bisbilles se règlent discrètement entre les quatre murs des réunions de l'OPEP ou de l'OPEP+, groupe plus informel auquel est également conviée la Russie et neuf autres producteurs.

Ces jours-ci, les négociations semblent pourtant teintées d'une amertume rendue publique, qui pourrait rapidement tourner à l'acrimonie.

Mettant en péril la reprise mondiale, le cours du baril se remet à flamber. En réaction, les pays membres de l'OPEP+ se sont réunis début juillet pour décider d'une hausse de la production. Mais deux des alliés traditionnels de l'organisation, les Émirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite, ont cette fois laissé éclater au grand jour leurs divergences.

Décrivant publiquement l'accord comme «injuste», réclamant des termes lui étant plus favorables et bien campé sur ses positions, Abou Dhabi bloque ainsi l'accord arraché de haute lutte par les autres.

Les Émirats Arabes Unis, qui avec l'aide notamment du Français Total a, ces dernières années, lourdement investi dans l'augmentation de ses capacités d'extraction, cherche à faire reconnaître son nouveau statut auprès de ses pairs.

Il souhaite ainsi faire passer sa «baseline», chiffre basal dont découlent les calculs de l'organisation et dont le dernier comptage remonte à avril 2020, de 3,2 à 3,8 millions de barils par jour.

Géoléopolitique

Or, si comme les autres, les Émirats Arabes Unis se sont prononcés pour une hausse de la production, il s'oppose à la volonté de ses camarades de l'OPEP+ de prolonger l'accord jusqu'à fin 2022. Cela empêcherait le pays de recalculer les quantités de pétrole qu'il peut pomper quotidiennement, et le priverait d'importants revenus.

Mathématiquement, l'Arabie Saoudite serait une autre gagnante si la position d'Abou Dhabi venait à s'imposer. Mais la Russie, elle, perdrait au change, et l'organisation ne peut nullement se passer de cette dernière.

Bloomberg note néanmoins que l'OPEP est historiquement coutumière de ces grandes batailles, et qu'il n'est pas impossible que, dans cette partie de poker aux enjeux globaux, les EAU tentent un coup de bluff pour affirmer leur future position à la table des négociations.

Le site note néanmoins que d'autres rivalités géopolitiques se sont, ces dernières années, fait jour entre les Émirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite, notamment au Yémen ou quant au rapprochement de la première avec Israël.

Le bluff pourrait donc ne pas être que du bluff. Et si, avant leur reprise ce lundi 5 juillet, Abou Dhabi bloque les négociations en cours, elle le fait au risque d'une explosion durable du cours de l'or noir, donc d'une mise en péril de la reprise post-pandémique.

Voire, comme l'explique Bloomberg, et dans un cas extrême, d'un éclatement pur et simple de l'OPEP et de l'OPEP+. S'engagerait alors un chacun pour soi et une guerre des prix chaotiques, dont tout le monde serait perdant –au sein de l'organisation comme, sans doute, au niveau mondial.

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