Le stand «Fortnite» lors de la Gamescom 2019 à Cologne. | Ina Fassbender / AFP
Le stand «Fortnite» lors de la Gamescom 2019 à Cologne. | Ina Fassbender / AFP

L'éditeur de «Fortnite» part en guerre contre Google

Epic Game proteste contre les 30% que Google prélève sur les microtransactions effectuées dans les apps Android.

Fortnite est un jeu extrêmement populaire, mais contrairement aux autres mastodontes de l'industrie, il ne coûte rien. Tout l'argent gagné provient d'achats de monnaie utilisable uniquement au sein du jeu et destinée à se payer des cosmétiques pour les avatars.

Pour y jouer sur Android, il n'est pour l'instant pas possible de télécharger l'application comme on le fait avec les autres, directement via le Play Store de Google. Il faut passer par le site de l'éditeur du jeu, Epic Games, qui ne propose qu'un processus compliqué.

Pour quelle raison? Parce que les microtransactions effectuées à l'intérieur des app Android téléchargées via le Play Store n'arrivent pas intégralement dans la poche des développeurs: Google prélève systématiquement 30% de leurs gains en «frais de service».

Mais Epic, qui aimerait bien être disponible facilement sur le Play Store, a décidé de demander à Google d'y héberger une version de Fortnite dotée d'un système de paiement qui lui permettrait de conserver 100% des achats in-game. D'après Tim Sweeney, le directeur d'Epic, «ajouter un prélèvement obligatoire de 30% est illégal dans le cas d'une plateforme de distribution qui dispose de plus de 50% du marché».

Une manière de dénoncer ce que l'éditeur estime être un abus de position dominante de la part de Google. Android est de très loin le système d'exploitation pour smartphone le plus populaire de la planète. Hormis iOS, qui ne peut être installé que sur des produits Apple, toutes les autres marques de smartphones sont logiquement équipées par son concurrent.

Menaces antitrust

La demande d'Epic met donc Google au pied du mur. Soit l'entreprise accepte et se passe d'une immense source de revenus si d'autres imitent l'éditeur de jeux vidéo, soit elle refuse et risque de se donner l'image du géant qui profite de sa position de force pour soutirer de l'argent à de plus petites entreprises.

Or, cette deuxième solution est loin de n'être qu'un problème d'image. Les grandes entreprises des nouvelles technologies sont de plus en plus pointées du doigt pour leurs positions quasi monopolistiques dans de nombreux domaines.

Plusieurs enquêtes antitrust sont en cours en Europe comme aux États-Unis et les abus de pouvoir des GAFA sont l'un des seuls sujets qui réussissent à mettre d'accord Démocrates et républicains. Passer pour une petite brute n'est pas la meilleure idée par les temps qui courent.

En guise de défense, Google affirme que les 30% prélevés sont indispensables afin d'«investir dans [sa] plateforme et [ses] outils pour aider les développeurs à avoir des business fructueux tout en gardant [ses] utilisateurs en sécurité». L'an dernier, en guise de représailles après qu'Epic Game avait décidé de se passer du Play Store pour le téléchargement de Fortnite, Google avait rendue publique une faille de sécurité dans l'application disponible sur le site d'Epic, avant même quelle soit patchée.

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