Le problème de la régulation des prix des médicaments, aux États-Unis, devient de plus en plus pressant. | Loïc Venance / AFP
Le problème de la régulation des prix des médicaments, aux États-Unis, devient de plus en plus pressant. | Loïc Venance / AFP

Des banques poussent l'industrie médicale à augmenter ses prix

Aux États-Unis, il n'y a pas de petit profit, même en pleine pandémie de Covid-19.

Ces dernières semaines aux États-Unis, lors de conférences ou de réunions d'investisseurs, des banques ont encouragé des laboratoires pharmaceutiques et des fabricants de matériel médical à augmenter leurs prix pour profiter de la pandémie.

Le laboratoire américain Gilead Sciences détient le brevet du remdésivir, l'un des médicaments actuellement utilisés dans des essais cliniques contre le Covid-19. Développé pour lutter contre Ebola, il s'est révélé également efficace contre le SRAS et le MERS.

Au cours d'une conférence de financiers, un représentant de la banque d'investissements Cowen & Co a demandé au laboratoire comment il comptait rentabiliser l'utilisation du remdésivir dans le contexte de la pandémie.

La vice-présidente Johanna Mercier lui a répondu que sa priorité consistait à s'assurer que le gouvernement et les malades aient accès au médicament, et que cette question se poserait plus tard.

Tousse ensemble... contre la régulation

Cardinal Health fabrique des masques, des respirateurs artificiels et des médicaments. Elle est aussi impliquée dans le scandale des opioïdes. Lors de la Barclays Global Healthcare Conference, le 10 mars dernier à Miami, Steven Valiquette, de la Barclays Investment Bank, a demandé à plusieurs reprises à son représentant s'il comptait augmenter les prix de leurs produits liés au Covid-19.

Le directeur général de Cardinal Health, Mike Kaufmann, a répondu qu'il visait le prix le plus bas mais qu'il pouvait varier selon les contrats. Valiquette a posé la même question au représentant de Owens & Minor, fabricant de blouses, de masques N95 et d'autres équipements médicaux. Son directeur général, Edward Pesicka, a répondu sèchement par la négative.

Interrogé à son tour, Steve Collis, DG d'AmerisourceBergen –là encore impliquée dans la crise des opioïdes– a expliqué que sa société, aux côtés d'autres entreprises du secteur, effectuait du lobbying à Washington pour empêcher toute régulation des prix des médicaments dans le contexte de la pandémie.

Les compagnies pharmaceutiques disposent d'un pouvoir politique important aux États-Unis. Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Alex Azar, est un ancien du secteur. Il s'oppose à toute régulation des prix sur les traitements et éventuels vaccins du Covid-19. Un membre de la task force de Trump sur le coronavirus, Joe Grogan, a travaillé pour Gilead Sciences.

Quant à la loi prévoyant d'injecter 3,83 milliards de dollars [3,56 milliards d'euros] dans la lutte contre le Covid-19, elle aurait été façonnée, selon Politico, par des lobbyistes de l'industrie pharmaceutique.

Le Defense Production Act, récemment invoqué par Trump, permettrait pourtant au gouvernement de dicter sa loi, notamment en ce qui concerne les prix des médicaments et des équipements médicaux essentiels.

En ce moment

L'impossible retraite à 40 ans, la guerre des masques, des robots biologiques, une journée sur korii.

Et Cætera

L'impossible retraite à 40 ans, la guerre des masques, des robots biologiques, une journée sur korii.

Ce qu'il fallait lire aujourd'hui.

À la rencontre des «xenobots», les premiers robots biologiques au monde

Tech

À la rencontre des «xenobots», les premiers robots biologiques au monde

Entre machines programmées et organismes vivants, ces choses d'un genre nouveau ouvrent des portes sur le futur.

La retraite avant 40 ans: quand le rêve vire au cauchemar

Biz

La retraite avant 40 ans: quand le rêve vire au cauchemar

Les adeptes du mouvement FIRE ont investi jeunes pour arrêter de travailler tôt. Sans voir la crise venir.