Andrew Yang lors du troisième débat télévisé de la primaire démocrate, le 12 septembre 2019 à Houston, au Texas. | Robyn Beck / AFP
Andrew Yang lors du troisième débat télévisé de la primaire démocrate, le 12 septembre 2019 à Houston, au Texas. | Robyn Beck / AFP

Andrew Yang veut faire de nos données personnelles notre lucrative propriété privée

Selon le candidat démocrate, les entreprises exploitant nos données devraient nous verser «une partie de la valeur économique qu'elles génèrent».

Andrew Yang, surnommé le «candidat favori de l'internet» pour l'élection présidentielle américaine de 2020 par le New York Times, réussit à monter dans les sondages grâce à une campagne électorale surprenante.

Parti de rien en politique, l'entrepreneur démocrate issu du monde de la tech impose peu à peu un débat national sur le numérique. Sa dernière proposition: l'instauration d'un «droit de propriété» sur les données personnelles.

Mes likes, mon choix

En novembre 2017, au lancement de sa campagne, Andrew Yang ne réunissait que quelques centaines de personnes lors de ses meetings. Misant sur l'instauration d'un revenu universel de base, le créateur d'un fonds d'investissement s'est fait un nom en multipliant les apparitions dans les médias et grâce à une popularité croissante sur le web.

Un sondage de Politico le crédite désormais 7e dans la course à la primaire démocrate, devançant le sénateur Cory Booker, la sénatrice Amy Kobluchar ou la députée Tulsi Gabbard. Notamment soutenu par Elon Musk, Yang enchaîne les promesses de campagne liées à la vie numérique, à l'automatisation du travail et à la technologie en général.

Le 1er octobre, le candidat a mis en ligne un plaidoyer intitulé «Les données comme propriété privée», où il liste une série de propositions sur la protection des données personnelles.

La logique de Yang semble simple: nos likes, nos recherches, nos historiques de navigation ont une valeur économique pour les entreprises de la tech. Une sorte de «principe de propriété privée» devrait être instauré sur ces données, permettant à chacun·e d'en avoir un contrôle absolu. Et si vous choisissez de continuer à laisser les entreprises les exploiter, «vous devriez alors recevoir une partie de la valeur économique qu'elles génèrent», conclut le démocrate.

Contrôler plutôt que vendre

Cette idée, défendue en France par le think tank Génération Libre, pose beaucoup de questions. Combien mon compte Facebook, à lui seul, a-t-il rapporté à l'entreprise depuis son ouverture, en 2008? Quid de Google? Des outils en ligne comme FDVT permettent d'estimer cette somme, mais ils manquent de précision.

Dans une enquête sur le sujet, Usbek & Rica souligne que des think tank souhaitent que les entreprises nous paient directement pour nos données ou que nous passions par des «courtiers de données» pour les vendre nous-mêmes.

Problème: les données (à l'image des likes) sont souvent partagées entre internautes; comment partager leur rémunération? Par ailleurs, si l'on considère une donnée spécifique comme vraiment vendue, nous n'avons plus aucune prise sur son utilisation.

Si l'on rentre dans le détail, Andrew Yang ne propose pas vraiment d'utiliser les données personnelles comme une denrée vendable à la manière, disons, d'un légume. Il défend plutôt une visibilité totale et un contrôle réel –comme le droit à l'oubli présent dans le RGPD européen– sur ce que les entreprises font de nos données.

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