Les mobile homes de la Timberbrook Manufactured Home Community, le 24 janvier 2020 à Bristol, dans l'Indiana. | Brendan Smialowski / AFP
Les mobile homes de la Timberbrook Manufactured Home Community, le 24 janvier 2020 à Bristol, dans l'Indiana. | Brendan Smialowski / AFP

Aux États-Unis, l'indécent business des mobiles homes

Les Américain·es pauvres vivant dans des «trailer parks» sont désormais à la merci des fonds d'investissement privés.

Outre-Atlantique, 22 millions de personnes, soit près de 7% de la population, vivent à l'année dans des manufactured homes, alignées dans près de 40.000 trailer parks –comprendre des mobiles homes, installés dans des sortes de campings permanents.

Ces Américain·es sont propriétaires de leur logement mais paient un loyer pour l'espace qu'il occupe, ce qui leur permet de mettre un toit sur leur tête pour des sommes bien moindres qu'avec une maison en dur.

Pour les propriétaires des terrains occupés, le business des manufactured homes se révèle particulièrement fructueux. Aussi nombre de sociétés et de fonds d'investissement ont-ils racheté des trailer parks ces dix dernières années.

Mission publique, opérateurs privés

Ces opérations ont souvent été rendues possibles par des emprunts très avantageux contractés auprès de Fannie Mae et Freddie Mac, deux sociétés d'économie mixte à capitaux privés, dont la mission publique est d'offrir aux Américain·es la possibilité de se loger à bas coût.

Selon Business Insider, les deux structures auraient engagé 15 milliards de dollars [13,8 milliards d'euros] dans le secteur des trailer parks au cours de la dernière décennie.

Ce transfert d'une mission publique vers des opérateurs privés, dont l'objectif premier est naturellement le profit, ne se fait pas sans douleur. Souvent désargenté·es, les propriétaires de mobiles homes (qui contrairement à ce que leur nom indique ne se déplacent que très difficilement) sont dépendant·es de la plus ou moins bonne volonté des propriétaires des terrains.

«Les bailleurs profitent de financements à bas coûts, mettent les profits dans leurs poches et procèdent à plus d'investissements. Mais pour les habitants de ces logements vieillissants, les choses ont empiré», souligne Patrick Rucker, chercheur pour The Capitol Forum.

La réfection des préfabriqués est difficile, sinon impossible, et ces résident·es sont à la merci de gestionnaires qui n'hésitent pas à procéder à des expulsions. Les loyers sont souvent revus à la hausse, sans que les locataires n'aient à y redire.

Et si les conditions, sur place, ne sont pas dignes des sommes versées chaque mois aux propriétaires, les plaintes peuvent également mener à l'éviction des mécontent·es du trailer park.

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