Du poulet frit dans un pain brioché: sold out en deux semaines. | WandererCreative via Pixabay
Du poulet frit dans un pain brioché: sold out en deux semaines. | WandererCreative via Pixabay

Aux États-Unis, la guerre du poulet frit est déclarée

Dégainé face au concurrent Chick-fil-A, le nouveau sandwich au poulet frit de Popeyes s'est transformé en coup marketing et en phénomène de société.

Qui aurait cru que la prochaine révolution food serait un burger au poulet? Lancé le 13 août dernier, le sandwich à 3,99 dollars [soit 3,6 euros] de la chaîne de fast-food Popeyes fait fureur: rien que pour lui, les Américain·es font la queue sur des dizaines de mètres dans la rue.

Quelque 40.000 posts Instagram lui sont consacrés, et des centaines de milliers de tweet entretiennent le divertissant échange de piques entre Popeyes et son concurrent direct, Chick-fil-A.

On ne connaît pas encore les premiers résultats financiers de cette opération marketing de génie, mais le sandwich est déjà victime de son succès: il est actuellement en rupture de stock à l'échelle nationale.

Du rififi dans le poulailler

Pour bien saisir le phénomène, il faut comprendre l'enjeu que représente le poulet frit outre-Atlantique. Le chef de file du secteur, Chick-fil-A, est la troisième plus grande chaîne de restaurants aux États-Unis, derrière Starbucks et McDonald's. L'enseigne s'est hissée au sommet en quelques années seulement et a dépassé en 2018 les 10 milliards de dollars de chiffre d'affaires.

La réussite de Chick-fil-A tient à la fois à son positionnement chrétien et à une évidence culinaire: le pays raffole de poulet frit, pierre angulaire de la soul food et plat très populaire dans les communautés afro-américaines.

Selon le National Chicken Council, la population américaine en consomme annuellement 4,5 kilos de plus qu'il y a dix ans. Jose Cil, le patron de Restaurant Brands International, la maison mère de Burger King et de Popeyes, note pour sa part que la demande en produits au poulet a drastiquement augmenté dans les deux chaînes en 2019.

Moins cher et plus sain que le bœuf (du moins tant qu'il n'est pas frit), le poulet décolle. Ce boom a permis à de nombreuses marques de fast-food tombées en désuétude de reprendre du poil de la bête, à l'image de KFC –qui teste par ailleurs à Atlanta, en partenariat avec Beyond Meat et avec un certain succès, la piste du poulet sans poulet.

Une semaine en enfer

Si la rupture de stock du sandwich de Popeyes est une mauvaise nouvelle pour la clientèle, le personnel de la chaîne, lui, est ravi de cette pause forcée. Les employé·es vont enfin pouvoir respirer, après une semaine marquée par les heures supplémentaires et le chaos généralisé.

«Mon expérience chez Popeyes était bonne jusqu'à ce que le sandwich arrive. [...] Je travaillais comme un esclave à l'arrière, à préparer le pain avec les cornichons et la mayo épicée, raconte à Business Insider un salarié, qui a littéralement démissionné entre deux sandwichs. La demande a multiplié la charge de travail par dix, et j'étais toujours payé au lance-pierre.»

Lors d'une journée de onze heures, il estime avoir préparé 600 sandwichs, dont 35 pour une seule et même commande.

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