Un poste stratégique, quelques complices, des sociétés bidons, et le tour était joué. | Tamir Kalifa / AFP

Un poste stratégique, quelques complices, des sociétés bidons, et le tour était joué. | Tamir Kalifa / AFP

Comment un officier a vendu pour 2,7 millions de vide au Pentagone

Avec un budget de 700 milliards, l'armée américaine peine à garder un œil sur l'ensemble de ses contrats.

Dans le film War Dogs, sorti en 2016, deux jeunes Américains nommés David Packouz et Efraim Diveroli fraudent l'armée des États-Unis en lui vendant des millions de munitions d'AK-47 chinoises présentées comme hongroises.

Cette histoire vraie est loin d'être un cas isolé. D'après des documents internes au département de la Défense, ce sont quelque 16 millions de contrats qui ont été conclus, entre 2013 et 2017, avec des entreprises par la suite condamnées pour avoir fraudé le gouvernement. Au total, les sommes en cause s'élèveraient à 334 milliards de dollars [303 milliards d'euros].

Certains mentent sur la provenance de leurs armes ou écoulent des contrefaçons, mais la palme de l'arnaque revient sûrement à Randolph Prince qui, pour 2,7 millions de dollars [2,5 millions d'euros], est parvenu à vendre à la marine américaine… du vide.

Commandes jamais livrées

En 2014, Prince était l'officier chargé de l'approvisionnement d'une unité de la marine spécialisée dans l'entraînement au déminage. C'est donc lui qui attribuait puis supervisait les commandes de matériel.

Son idée était simple: il suffisait qu'un complice, en l'occurrence le civil Michael Kitrel, créé une société à laquelle il confierait un contrat d'armement au nom de l'armée des États-Unis.

Le militaire a ainsi passé une commande d'explosifs désamorcés destinés à l'entraînement, que Kitrel n'a simplement jamais envoyée mais pour laquelle sa société a été payée 190.000 dollars.

Le budget du département de la Défense tourne autour des 700 milliards de dollars annuels: dans ce contexte, des transactions de quelques centaines de milliers de dollars peuvent aisément passer inaperçues.

L'arnaque aurait pu fonctionner longtemps si Prince n'avait pas eu les yeux plus gros que le ventre. Porté par ses premiers succès, il a commencé à accumuler les complices, à qui il achetait des équipements inexistants pour quelques milliers de dollars.

L'officier Clayton Pressley III, l'un des acteurs de ce manège frauduleux, usurpait par ailleurs l'identité de marines placés sous son commandement. Après avoir été démasqué pour ces agissements, les autorités ont remarqué son lien avec Prince. En remontant le fil, elles ont fini par démanteler toute la filière.

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