À New York, des habitant·es manifestent en pleine crise pour demander un moratoire sur les expulsions. | Scott Heins / Getty Images North America / AFP

À New York, des habitant·es manifestent en pleine crise pour demander un moratoire sur les expulsions. | Scott Heins / Getty Images North America / AFP

Connaissez-vous Civvl, le Uber des expulsions?

L'époque de tous les possibles, même les évictions en free-lance.

«Les expulsions sont les prestations qui connaissent la plus forte croissance, en raison du Covid-19», claironne Civvl. Cette application américaine propose de jouer les huissiers ou les déménageuses en free-lance, pour déloger des locataires en délicatesse avec leurs propriétaires. Une sorte de Uber des expulsions, qui menacent des millions d'Américain·es en raison de la pandémie.

«Le chômage est à un niveau record et beaucoup [de personnes] ne peuvent pas ou ne paient tout simplement pas de loyer et d'hypothèques. Nous sommes engagés par des propriétaires et des banques contrariées, afin de récupérer des propriétés résidentielles saisies», explique Civvl sur le site de petites annonces Craigslist.

Selon l'entreprise, des milliers d'huissières et de déménageurs sont nécessaires afin d'exécuter les procédures d'expulsion qui se multiplient dans le pays. Comme le font les autres plateformes, elle vante la flexibilité de son modèle ainsi que l'avantage de pouvoir y travailler en devenant son propre patron ou sa propre patronne.

«C'est tordu que des prolétaires en difficulté soient tentés par des prestations comme le transport de meubles ou le rôle d'huissier pour une entreprise comme Civvl, expulsant d'autres prolétaires de leur maison afin de pouvoir eux-mêmes payer leur loyer», dénonce la juriste et militante du droit au logement Helena Duncan.

Arroseur arrosé

Vice a d'abord cru à un canular. Mais Civvl est une application bien réelle, détenue par OnQall, une entreprise qui propose l'ubériseration de toutes sortes de tâches «en dehors des principaux centres urbains». Elle a également développé les apps LawnFixr (entretien des pelouses) CleanQwik (nettoyage) et MoveQwik (déménagement).

Dans certains commentaires publiés sur le Play Store et l'Apple Store, les utilisateurs et utilisatrices dénoncent les frais de 35 dollars [environ 30 euros] demandés et le peu de travail proposé après inscription.

Début septembre, une décision fédérale des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont interdit la majorité des expulsions jusqu'à la fin de l'année. En plus de poser de sérieuses questions éthiques, le business de Civvl, déjà peu florissant, ne devrait donc pas tarder à s'effondrer.

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