Un succès qui tue. | Edilson Borges via Unsplash
Un succès qui tue. | Edilson Borges via Unsplash

Les films d'horreur, de canards boiteux des studios à chouchous du streaming

Longtemps jugés trop risqués à produire, ils ont désormais la cote.

Les films d'horreur ont longtemps été perçus par les grands studios de cinéma comme des paris très risqués. D'un côté, le genre n'est pas suffisamment prestigieux, souvent boudé par les grandes cérémonies ou méprisé par la critique; de l'autre, il est considéré comme trop difficile à vendre au grand public.

Pendant des décennies, les gros producteurs hollywoodiens se sont donc contenté de sortir une poignée de films d'horreur aux alentours de Halloween, le reste étant produit par des studios indépendants plus aventureux.

Depuis quelques années pourtant, le genre a réussi à prouver qu'il avait été négligé à tort. Non seulement des productions fauchées rapportent des dizaines, voire des centaines de millions de dollars (Blair Witch, Paranormal Activity, Insidious, The Purge), mais certains films parviennent également à être couronnés de prestige critique (l'oscarisé Get Out, notamment).

Populaire depuis longtemps déjà, l'épouvante ne se contente pas d'une certaine normalisation. Elle fournit désormais à l'industrie du cinéma des «tent-poles», ces productions dont la réussite soutient la stabilité financière d'un studio tout entier.

Horreur à l'année

C'est particulièrement vrai dans le monde du streaming, qui s'est aperçu que ses films et séries horrifiques attiraient les foules –et pas seulement en octobre, mais tout au long de l'année.

C'est le constat que fait Jason Blum, le PDG de la société de production Blumhouse, réputée pour ses films d'horreur. Alors qu'il devait autrefois se battre pour faire diffuser ses longs-métrages dans les cinémas, ce sont désormais les services de streaming qui viennent à lui, en lui proposant de juteux contrats.

Récemment, Blumhouse a produit une anthologie de films baptisée Welcome to the Blumhouse pour Amazon Prime Video, plateforme sur laquelle la série The Terror avait déjà fait sensation. «Tout dépend de ce que le prochain phénomène sera, explique Jennifer Salke, qui dirige Amazon Studio. Si l'horreur atteint une audience énorme, bien sûr qu'on va y aller.»

Si la firme de Seattle ne souhaite pas communiquer de chiffres, elle affirme que les quatre films Blumhouse ont mieux fonctionné qu'elle ne l'espérait. Même chose du côté de Netflix avec The Haunting of Bly Manor, l'une des réussites de l'été.

Autre indice de l'appétence des abonné·es aux services de streaming pour l'horreur, Shudder, une plateforme qui diffuse exclusivement de l'horreur, vient de passer le million d'utilisateurs et utilisatrices.

Shudder affirme que la quasi-totalité de ses recrues dispose en parallèle d'un abonnement à Netflix ou à Amazon Prime Video. Elle en déduit que son public a des goûts éclectiques, mais ne trouve pas suffisamment d'horreur sur les plateformes principales.

Ces dernières ne sont pas sourdes à ces signaux, et semblent partager cette analyse. Pour elles, l'enjeu n'est pas que chaque production soit profitable, mais qu'elle attire de nouveaux abonné·es. Un schéma idéal pour expérimenter, produire des films a priori plus risqués artistiquement, mais susceptibles de devenir des succès d'audience à peu de frais.

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