La production de dauphins en peluche a sans doute également été connue une forte croissance. | STR / AFP
La production de dauphins en peluche a sans doute également été connue une forte croissance. | STR / AFP

La Chine autorise 3 enfants par couple: les actions des produits pour bébé s'envolent

Une logique en trompe-l'œil.

Le 1er juin dernier, la Chine, contre toute attente, a annoncé qu'elle allait autoriser les couples mariés à avoir un troisième enfant. Un changement de cap destiné à faire repartir la natalité, alors que son taux est tombé en 2019 à 10,48 pour 1.000 habitants, le plus faible depuis la fondation de la Chine communiste en 1949, souligne Le Temps.

Malgré le scepticisme des observateurs sur l'efficacité de cette mesure, les analystes financiers ont immédiatement revu à la hausse leurs recommandations sur les produits pour bébé, rapporte Reuters.

Dès le lendemain, le fabricant de jouets Goldlok Holdings a vu son action grimper de 10%, tout comme Jinfa Labi Maternity & Baby, un autre fournisseur d'articles de puériculture. Plusieurs autres société liées aux produits pour bébés comme le lait en poudre, les sièges auto ou les couches-culottes ont bénéficié de hausses significatives.

Le prestataire de services financier chinois Hithink RoyalFlush Information Network s'est même empressé de créer un indice «troisième bébé», qui a pris 2,5% en une journée après l'annonce du gouvernement.

Les investisseurs feraient pourtant bien de se méfier. La tendance à la baisse du taux de natalité s'observe depuis 2017… juste un an après l'autorisation de la naissance d'un deuxième enfant par couple dans le pays. Preuve que l'assouplissement progressif de la politique de natalité n'a pas les effets escomptés, du moins pour le moment.

Effet soufflé

Ce que traduisent ces mouvements boursiers s'apparente donc plutôt à un signe de l'irrationalité qui s'est emparée des marchés, prêts à s'envoler ou à plonger au moindre tweet d'Elon Musk ou à un éternuement du patron de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell.

Le 4 juin dernier, l'éventualité de la grossesse d'une femelle panda géant dans un zoo de Tokyo a ainsi fait brièvement grimper de 29% les actions d'une chaîne de restaurants voisine, en prévision d'une augmentation du nombre de visiteurs dans le cas où un bébé panda viendrait à naître.

Le soufflé chinois du «baby boom» est d'ailleurs rapidement retombé. L'action du fabricant de lait pour bébé Beingmate est déjà retombée de 8% depuis mardi 1er juin et dans le même temps celui de Jinfa Labi Maternity & Baby a effacé tous ses gains.

Au niveau macroéconomique, tout n'est pourtant pas perdu pour la Chine. Car si le nombre d'enfants ne repart pas à la hausse, cela signifie que les parents vont dépenser davantage d'argent par enfant.

Ils n'achèteront pas plus de couches-culottes ou de petits pots, mais consacreront peut-être davantage de moyens à des services éducatifs, des biens d'équipement ou des appareils électroniques. Une analyse sans doute un peu trop pointue pour nos experts financiers.

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