Homescapes, l'un des jeux platinés de Playrix | Playrix
Homescapes, l'un des jeux platinés de Playrix | Playrix

2,8 milliards de dollars: c'est la fortune estimée des deux créateurs du jeu Homescapes

De la pampa russe au sommet du monde, Igor et Dmitry Bukhman ont bâti avec Playrix une immense fortune en quelques années.

Connaissez-vous Vologda? Nous non plus. C'est dans cette ville de 300.000 âmes perdue dans la pampa russe, à 480 kilomètres de Moscou environ, qu'Igor et Dmitry Bukhman ont fait leurs premières armes dans le jeu mobile en 2001.

Un modeste début: comme le raconte Bloomberg, le premier jeu des deux frangins, conçu alors qu'Igor apprend par un professeur d'université qu'il peut vendre en ligne ce qu'il développe et que Dmitry est encore au lycée, leur rapporte 60 dollars (53 euros) le premier mois. Puis 100 les mois suivants –la moitié d'un salaire moyen dans leur région, rien de négligeable donc. Le déclic se fait: «Si un jeu peut nous rapporter 100 dollars, on peut en publier des douzaines et faire fortune», a alors pensé Igor.

De 100 à 10.000, de 10.000 à 2,8 milliards

C'est ce qu'ils ont fait. Des dizaines de petits jeux, des dizaines de petits revenus en croissance constante qui finissent par créer un très respecable cashflow: en 2014, lorsque les frangins Bukhman ont structuré leur petit business maison et fondé Playrix, leur production leur rapportait déjà 10.000 dollars par mois (presque 9.000 euros).

Et aujourd'hui? Les 10.000 dollars ont fait beaucoup de petits, en particulier depuis les cartons mondiaux de Fishdom, Gardenscapes et Homescapes, deux free-to-play sur mobile qui ont étoffé la formule du «match 3» chère à l'autrefois omniprésent Candy Crush. Misant sur les achats «in app» (qui permettent d'accélérer l'avancement du jeu ou d'acquérir divers éléments cosmétiques) plutôt que sur la publicité, les jeux de Playrix sont de véritables poules aux œufs d'or.

L'entreprise fait partie des 10 plus grosses machines à cash de l'App Store d'Apple et de Google Play, et compte plus de 30 millions de gamers payant·es dans le monde, avec une dépense moyenne mensuelle de 32 dollars par personne aux États-Unis, à en croire les chiffres confiés par le studio.

Selon le cabinet spécialisé Newzoo, la petite entreprise des deux Russes a fait dépenser plus d'1,2 milliard de dollars (1,07 milliard d'euros) à ses client·es. Loin, très loin de l'incertaine aventure de chambre d'adolescent, elle compte désormais environ 1.100 salarié·es, réparti·es dans un QG irlandais et des bureaux en Russie, Ukraine et Biélorussie.

Mais on ne crée pas de telles richesses sans attirer quelques convoitises. King Digital, créateur de Candy Crush, a été racheté par Activision Blizzard pour 5,9 milliards de dollars en 2015 (5,2 milliards d'euros), tandis que le géant chinois Tencent a déboursé 8,6 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) l'année suivante pour mettre Supercell Oy, inventeur de Clash of Clans, dans son panier déjà bien garni.

Playrix est donc sans doute dans le collimateur de quelques riches investisseurs, comme l'explique Bloomberg. Mais les frères Bukhman, pour l'instant, ne semblent pas vendeurs. Leur fortune commune est estimée à 2,8 milliards de dollars et, à la question d'une éventuelle cession, Igor répond dans un sourire au titre américain: «Pour trois milliards, on ne vend pas». L'objectif reste semble-t-il la croissance, et à terme, devenir un rival pour les mastodontes du secteur que sont Activision Blizzard, Electronic Arts, Tencent ou NetEase. удачи!

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