La Première ministre britannique Theresa May a donné à l'entreprise chinoise l'autorisation de construire un réseau 5G, faisant fi des recommandations de Washington. Une membre de l'entreprise le 5 mars 2019 à Shenzhen (Chine). | Wang Zhao / AFP
La Première ministre britannique Theresa May a donné à l'entreprise chinoise l'autorisation de construire un réseau 5G, faisant fi des recommandations de Washington. Une membre de l'entreprise le 5 mars 2019 à Shenzhen (Chine). | Wang Zhao / AFP

Dans la guerre entre Huawei et les États-Unis, les pays européens commencent à faire leur choix

Et ça ne va pas forcément plaire à l'Amérique.

Depuis plusieurs mois, les responsables américain·es demandent aux pays amis de ne pas faire appel à l’entreprise chinoise pour gérer leurs infrastructures de communication. Comme l’expliquait le New York Times en janvier dernier, «depuis un an, les États-Unis se sont lancés dans une campagne mondiale, accompagnée parfois de menaces, pour empêcher Huawei et d’autres entreprises chinoises de participer à la refonte des tuyaux qui contrôlent internet».

Selon Reuters, l'Amérique et certains de ses alliés «pensent que l’appareil technologique de Huawei pourrait être utilisé pour de l’espionnage» de la part de l’État chinois.

Sauf que toutes ces mises en garde ne sont pas suivies d'effet. On a appris la semaine dernière que le Royaume-Uni allait autoriser Huawei à construire des parties «non-cruciales» de son réseau 5G. Une demi-défaite (ou une demi-victoire, c’est selon) pour les États-Unis et une demi-victoire pour Huawei, selon un consultant contacté par Wired.

Les Britanniques, qui ont récemment réalisé un audit du code des équipements de Huawei, estiment que les problèmes de sécurité de l’entreprise chinoise ne sont pas délibérés, ce qui veut dire que, selon eux, les Chinois ne sont pas en train de construire des backdoors, mais font simplement des erreurs basiques. Le New York Times rapportait d’ailleurs en mars dernier que des hauts fonctionnaires européens et asiatiques se plaignaient en privé de l’absence de preuves américaines à propos d’une potentielle utilisation de Huawei par la Chine pour voler des informations: «Des Européens ont dit à leurs homologues américains que s’ils avaient des preuves que le gouvernement chinois utilisait ses entreprises pour agir de la sorte, ils devraient les présenter.»

Le Royaume-Uni n’est pas le seul État à n’avoir pas grand-chose à faire des recommandations américaines. L’Allemagne a déjà annoncé que s’il n’y avait pas de problème, elle pourrait très bien collaborer avec Huawei ces prochains mois. Plus largement, précise Le Figaro, «l’Union européenne a refusé de bloquer l’accès au Vieux Continent au groupe très controversé», et «la France, quant à elle, a déposé au début du mois une proposition de loi visant à strictement encadrer les équipementiers choisis par les opérateurs pour leurs réseaux».

Il faut dire que l’entreprise chinoise est déjà bien installée dans de nombreux pays et se passer d’elle aurait de grosses conséquences (notamment économiques), prévenait le quotidien américain en mars dernier. Certains États comme l’Australie, le Japon ou Taïwan s’y sont pourtant résolus.

Reste que, comme le souligne Wired, pour l’instant c’est Huawei qui sort vainqueur de ce bras de fer: «Huawei a signé quarante contrats pour fournir du matériel 5G c’ici la fin du mois de mars. Sur ces contrats, vingt-trois ont été signés par des pays européens.»

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