Le siège de Netflix à Los Gatos, en Californie. | Justin Sullivan / AFP

Le siège de Netflix à Los Gatos, en Californie. | Justin Sullivan / AFP

Netflix, Disney+, Apple, Canal+: quel service allez-vous choisir?

L'année 2019 s’annonce comme celle de tous les bouleversements dans le monde de la vidéo à la demande.

«It’s show time». Avec ce simple message, Apple semble confirmer que sa prochaine keynote, qui se tiendra à Cupertino le 25 mars, devrait tourner autour de l’annonce d’un service de streaming maison.

Apple est très loin d’être la seule entreprise à vouloir occuper le terrain. Depuis 2007, lorsque Netflix s’est lancé dans le service de vidéo à la demande, le streaming est devenu la norme, et toute entreprise ayant de près ou de loin un rapport avec la production audiovisuelle veut sa part du gâteau.

Cette année, les nombreux gladiateurs du streaming fourbissent donc leurs armes avant de sauter dans l’arène. Apple est aux grandes manœuvres. L’argument massue de la firme de Cuppertino? Son service devrait, au moins dans un premier temps, être gratuit pour les utilisateurs et utilisatrices d’iOS et d’Apple TV –ce qui représente une quantité gigantesque de spectateurs et spectatrices potentielles.

Le réel défi pour la pomme consistera donc à proposer un catalogue satisfaisant. D’après CNBC, Apple y met les grands moyens et a dépensé un milliard de dollars (un peu plus de 885 millions d'euros) pour préparer son service. On sait d’ores et déjà qu’au casting des vingt-quatre séries made in Apple se retrouveront Jennifer Aniston, Steve Carrell, M. Night Shyamalan, Brie Larson et Damien Chazelle. Le studio le plus cool du moment, A24 a aussi conclu un deal avec la société pour produire des films exclusifs.

Les majors à l’offensive

Le concurrent le plus sérieux d'Apple, Disney, va aussi lancer son propre service, Disney+, courant 2019. Car si Apple dispose d’une plateforme, Disney reste sans conteste le champion du catalogue. Le mastodonte de l’entertainment aligne Star Wars et Marvel, les deux franchises les plus fructueuses de ces dernières années, ainsi que Pixar et un catalogue innégalable de classiques d’animation, qui seront tous disponibles en exclusivité sur Disney+.

Disney a déjà prévu de capitaliser sur cette manne, puisque deux séries Star Wars, deux séries Marvel (centrées sur des personnages des films) et une série Monstres & Cie sont déjà prévues. Depuis Captain Marvel, tous les films de l'Univers cinématographique Marvel seront diffusés directement sur Disney+. En outre, grâce à la récente acquisition de la Fox par Disney, ce catalogue pourrait encore s’étoffer.

Toutefois, puisque Disney est actionnaire majoritaire d’Hulu, la plateforme continuera de streamer les films et séries de Disney destinés aux adultes, alors que Disney+ sera réservé aux œuvres familiales –l’essentiel des productions du studio.

Les productions Star Wars comme celles de Marvel sont toutes les deux à un moment déterminant de leur histoire. Star Wars va bientôt achever sa troisième trilogie et le prochain film de Marvel, Avengers Endgame, est censé marquer le point culminant d’une saga de neuf ans et vingt-deux films. Disney n’a plus qu’à prier pour que les prochains cycles de ces deux franchises aient autant de succès que leurs prédécesseurs.

Dans la course au stream, un concurent occupe encore le terrain: la Warner, propriété du groupe AT&T, à qui appartient aussi la chaine HBO. La société veut elle aussi se lancer dans la bataille, avec un positionnement comparable à celui de Disney. Si ce n'est que son catalogue est moins prometteur. Les films DC Comics vivotent sans faire d’ombre à Marvel et Game Of Throne, qui aurait pu faire office de produit d’appel, se termine cette année. Restent Harry Potter et les futurs séries HBO.

De leur coté, les studios Universal veulent eux aussi tenter l’expérience. Ils pourront s’appuyer sur des contenus de la chaine NBC qui appartient, comme eux, à Comcast.

Sur le marché français, TF1, France Télévisions et M6 ont allié leurs forces pour créer Salto, un site de streaming censé concurencer le géant américain. France Télévisions a même conclu un accord avec les producteurs français pour s'assurer que les séries françaises qu'elle finance ne puissent pas se retrouver sur Netflix. Seulement, ses contours sont encore flous et la de date de lancement n'est pas encore annoncée.

Dans la bataille hexagonale, seul le groupe Canal+ semble à même de se frotter à Netflix. Ce mardi 12 mars, la 4 a lancé Canal+ Séries, qui vient remplacer Canal Play. Pour une somme allant de 7 à 12 euros, la plateforme dispose pour l'instant de 150 séries uniquement, mais Canal insiste sur le fait que, contrairement à son concurent, les siennes sont triées sur le volet. On y trouve les séries produites par la chaîne mais aussi des séries américaines et européennes. Toutes sont téléchargeables, y compris sur ordinateur.

Gladiateurs ou corrida?

Si le terrain de jeu du streaming est une arène, il se pourrait que le combat ressemble moins à un combat de gladiateurs qu'à une corrida, où Netflix jouerait le rôle du taureau. Car la société de Reed Hastings reste la firme à abattre.

Son seul concurrent sérieux, pour l’instant, est Amazon Prime Video (100 millions d’abonnées rien qu’aux États-Unis), que l’on ne peut pas vraiment comparer aux autres puisqu’il s’accompagne de streaming musical et –surtout– du service de livraison Amazon Premium. Ceci mis à part, Netflix règne en maître sur le secteur, du haut de ses centaines de milliers d’abonnées et d'abonnés payants.

En plus d'une base d'utilisateurs et d'utilisatrices solide, Netflix dispose d'un catalogue alléchant. Si, en 2007, les internautes allaient sur Netflix comme dans un vidéo club, le service de streaming à eu largement le temps de voir venir et de développer ses contenus originaux.

À lire aussi10%

En 2018, Quartz estime que Netflix a produit environ 1.500 heures de contenu. Coté séries, on y trouve autant des blockbusters comme Black Mirror et Stranger Things que des succès critiques, du style de Bojack Horseman, Mindhunter ou Master of None.

Pour ce qui est des films, qui furent longtemps le point faible de Netflix, la plateforme semble avoir enfin trouvé son rythme, en produisant des réalisateurs haut de gamme comme les frères Coen, Alfonso Cuaròn et Bong Joon-ho, ce qui lui permet de faire la tournée des festivals et des cérémonies de remise de prix.

Certes, le contenu original Netflix à lui seul ne peut que difficilement lutter contre celui de Disney, mais son catalogue ne va pas se vider du jour au lendemain. Certaines majors choisissent en effet de nager à contre-courant. C’est le cas de la Paramount, l’un des «big six», les principaux studios hollywoodiens, qui a plutôt choisi de se rapprocher de Netflix. Le studio va produire en exclusivité plusieurs films et différentes séries pour la plateforme de streaming.

Quoi qu'il arrive, l’année 2019 s’annonce mouvementée.

En ce moment

Les assistants personnels intelligents renforcent les stéréotypes sexistes

Tech

Les assistants personnels intelligents renforcent les stéréotypes sexistes

Avec des voix féminines par défaut, ils perpétueraient des idées désuètes et préjudiciables aux femmes.

Amazon gamifie l'enfer de ses entrepôts

Biz

Amazon gamifie l'enfer de ses entrepôts

Travailler dans l'un des centres logistiques de la firme est un travail herculéen et ingrat.

On ne comprend pas forcément mieux son bébé avec les apps de grossesse

Tech

On ne comprend pas forcément mieux son bébé avec les apps de grossesse

En proposant de suivre l'évolution de la grossesse et le développement du fœtus au quotidien, les applis reconfigurent le lien avec l'enfant à naître.