Les bonbons ne goûtent pas les détournements du cannabis. | Pharma Hemp Complex via Unsplash
Les bonbons ne goûtent pas les détournements du cannabis. | Pharma Hemp Complex via Unsplash

Les géants du bonbon entrent en guerre contre l'industrie du cannabis

Certaines confiseries infusées au THC ou au CBD ressemblent un peu trop à leurs best-sellers.

Les consommateurs, comme l'industrie du cannabis, raffolent des «edibles» (cannabis comestible), ces confiseries qui imitent et détournent celles des marques réelles. On peut à loisir faire plaisir à ses papilles avec des bonbons Skittles infusés au THC ou pourquoi pas engloutir des space cookies Stoneo, dont le packaging imite celui des Oreos.

Mais à présent que le cannabis est légalisé dans la majorité des États-Unis et qu'il devient un immense business, l'industrie de la confiserie commence à sévir. Hershey (Reese's, Smarties, KitKat), Mondelez (Oreo, Lu) ou Mars (Skittles, Mars, Twix, M&M's): ces grands noms ont eu à se battre contre de petites entreprises du secteur du cannabis qui imitaient leurs best-sellers universellement connus.

Les confiseurs estiment qu'en plus des violations manifestes de copyright, ces contrefaçons psychotropes risquent d'être confondues par les consommateurs, notamment par les enfants. Le New York Times s'en amuse. Le quotidien estime que cela donne à l'industrie des confiseries «le rôle surprenant de shérif dans le Far West qu'est la consommation de marijuana récréative».

Une fois n'est pas coutume, les autorités sanitaires partagent l'opinion de l'industrie des bonbons. Ce genre de packaging augmente les risques de surconsommation –les effets du cannabis comestible sont plus lents à se manifester– comme de consommation fortuite.

Pire que les caries

Selon le New York Times, lors des neuf premier mois de 2020, l'État de Washington a connu plus de 122 expositions au THC par des enfants de moins de 5 ans, soit 37 de plus que pendant la même période l'an précédent. Au Canada, un enfant de sept ans a récemment dû être hospitalisé après avoir ingéré deux Stoneo en pensant manger des Oreos.

Henry Wykowski, un avocat spécialisé dans le cannabis depuis 17 ans, explique que dans la grande majorité des cas, une menace d'une grande marque suffit à dissuader les producteurs de contrefaçons, sans aller au tribunal. «90% du temps, ils voient la mise en demeure et arrêtent.»

Seulement, la régulation du marché ne peut pas être confiée au bon vouloir des confiseurs. Ils n'ont pas d'yeux partout et les packaging trompeurs peuvent simplement imiter le style des bonbons classiques sans pour autant violer de copyright.

D'autant que la discrétion et la facilité de consommation du cannabis comestible en font la catégorie de produits contenant du THC à la croissance la plus rapide. La solution serait de légiférer sur leur étiquetage, mais la légalisation est de la responsabilité des États, et il n'existe pour l'instant pas de norme fédérale.

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