Opter pour une telle organisation pourait nuire à l'entreprise. | Free-Photos via Pixabay
Opter pour une telle organisation pourait nuire à l'entreprise. | Free-Photos via Pixabay

Le «hot desking», un open space de l'enfer

Des open space sans bureaux assignés? On risque la foire d'empoigne, et la perte de temps.

Sur le lieu de travail, tout le monde a ses petites habitudes. Chaque membre du personnel à son bureau attitré, ses affaires, son ordinateur attribué, la photo du petit dernier, une vieille carte postale. Tous les matins, chaque employé·e rejoint un endroit familier et retrouve les collègues qui font partie intégrante d'une même équipe. Cette proximité est propice à la discussion, à l'innovation, au partage et à la création de liens solides.

Cet environnement vous plaît? Ses jours sont peut-être comptés. Le hot desking, sorte d'open space ultime, commence à faire son chemin chez des managers ou DRH désirant briser les habitudes. Ce n'est pas franchement une bonne nouvelle.

Venant tout droit du Royaume-Uni, le hot desking est une organisation où les membres du personnel n'ont pas de bureau assigné: choisir son poste de travail repose sur le principe du «premier arrivé, premier servi».

Les lève-tôt auront l'embarras du choix. En arrivant à 5h30, peu de risque de subir la concurrence de ses collègues pour élire son siège. Après 9 heures, en revanche, les places risquent de se raréfier. Il faudra prendre l'option qu'il reste, même si cela oblige un·e salarié·e à travailler loin de son équipe de travail.

Les avantages supposés: avec des salarié·es n'étant pas toujours présent·es au bureau au même moment, l'entreprise gagne à ne pas payer pour des bureaux vides et la surface qu'ils occupent. Les liens entre des services qui n'ont pas l'habitude d'entrer en contact pourraient également être renforcés.

Mauvais choix pour l'entreprise

Comme l'analyse Simon Constable pour Forbes, mettre en place un tel système pourrait se révéler être un très mauvais choix pour les entreprises.

Plus la firme sera grande, plus la perte de temps, donc d'argent, sera importante. Dans un modèle classique, si une personne à besoin d'aide, elle n'a qu'à tourner la tête à droite ou à gauche pour trouver ce dont elle a besoin pour avancer, ou aller chercher conseil auprès de la personne qui la supervise, généralement située dans un bureau à proximité.

Avec cette nouvelle organisation, non seulement le personnel se retrouvera régulièrement éparpillé dans tout un bâtiment, mais il sera également très difficile de dénicher les boss, qui ne se travailleront pas nécessairement toujours au même endroit.

Idem pour le patronat. Comment réunir les membres d'une équipe pour une courte réunion afin de leur donner quelques informations? En jouant à cache-cache à tous les étages afin de trouver les différentes parties prenantes? En envoyant un mail ou un message sur Slack, qui ne sera probablement pas lu au moment opportun?

Les personnes qui travaillent ont besoin d'un minimum de stabilité au sein d'un espace mais aussi de tranquilité d'esprit. Mettre en place une telle organisation pourrait avoir des conséquences néfastes sur la santé du personnel, ce qui nuit à l'entreprise. Si le relationnel au sein d'une société n'est pas une priorité, il serait plus judicieux de favoriser le télétravail.

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